

|
|
|
L'astrologie semble aujourd'hui surtout connue comme un "art divinatoire" ou comme une sorte d'étude "psychologique" des individus. Tels ne sont pourtant pas les objets premiers de l'astrologie traditionnelle. "Se connaître soi-même" et connaître l'ordre du monde sont ses buts et la spiritualité y occupe une place centrale. Ces différentes connaissances n'en forment qu'une : l'être humain s'inscrit totalement dans le monde, il n'en est pas distinct et il épouse nécessairement à sa façon ses mouvements. Le changement dans l'univers n'est pas différent en essence de celui que connaît l'humain, seules ses apparences varient.
L'astrologie traditionnelle considère cette correspondance entre l'indéfiniment grand et l'humain, chacun le vivant et le faisant vivre selon sa propre manière. L'étude de l'astrologie se compose ainsi d'un cadre général, le Zodiaque et les planètes le parcourant. Un certain ordre immuable y préside. Elle se complète par les thèmes individuels, les cartes du ciel dressées pour le jour, l'heure et le lieu de naissance des diverses personnes.
Ce
site présente une vision de l'astrologie traditionnelle
occidentale, inspirée des travaux de René
Guénon
et du symbolisme traditionnel. Le lecteur y trouvera une
présentation de la Tradition, une documentation en ligne
librement accessible.


En premier lieu, il convient de faire une nette séparation entre la Tradition et les coutumes, simples habitudes sociales, variables selon les lieux et les époques et ayant par là un domaine restreint. Le terme Tradition signifie "transmission", comme l’a rappelé René Guénon (Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, Guy Trédaniel éditeur, pages 75 et suivantes). Il s’agit de la connaissance s’écoulant à travers les générations, depuis des temps immémoriaux, connaissance invariable quant à son fond et toujours renouvelée quant à ses formes. En langue française, l’œuvre de René Guénon constitue un moyen d’accès remarquable à cette connaissance. La Tradition, dans une époque éprise de nouveauté, est souvent entendue comme quelque chose de de "dépassé", de "désuet". Les connaissances des anciens sont, dans l’optique moderne, souvent prises comme d'un intérêt réduit face aux nouveautés sans cesse proposés par les progrès de la science moderne.
Contrairement à cette vision réductrice, l’intellectualité traditionnelle présente un corps très élaboré de pensée, pour peu que l’on en comprenne l’essence et les modes particuliers d’expression, différents de ceux proposés par la vision moderne des choses, qui repose sur l'analyse. Son essence est l’unité, unité sensible dans un monde où tout se situe en interdépendance. Son mode particulier d’expression est le symbole. Symboliser signifie étymologiquement « jeter ensemble, réunir » (grec syn bolein). Il s’agit d’accéder à la connaissance, toujours intérieure, en réunissant des phénomènes apparemment, mais seulement apparemment, très différents. Cette intégration se fait à l’aide de principes et par une pratique constante et assidue. A la différence des philosophies modernes, la Tradition ne se contente pas de spéculations théoriques incessantes. Elle allie la connaissance avec la pratique, chacune se servant réciproquement. Elle ne repose pas sur un endoctrinement, mais invite à être vérifiée et vivifiée constamment par la pratique.
L’astrologie prend place dans la Tradition. Pour prendre l’image de l’arbre, elle est une des branches du tronc représentant le cœur de la Tradition. L’astrologie traditionnelle est très éloignée de la caricature qu’en font les marchands d’horoscopes. Ceux-ci lui ont fait une publicité que nous trouvons désastreuse. L’astrologie traditionnelle n’a pas pour propos principal la divination, la prédiction. Celles-ci ne constituent qu’une de ses possibilités d’application. L’astrologie permet avant tout de comprendre l’Univers, le Cosmos, cosmos signifiant en grec l’ordre. Lao Tseu a dit : « connaître les autres, c’est la sagesse »,« se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure ». L’astrologie traditionnelle contribue à ces deux formes de sagesse. Elle rend intelligible la nature des êtres et des choses selon cette perspective.
Beaucoup pensent que l’astrologie n’a aucune base sérieuse. Ils en restent à ce que leur éducation moderne leur a suggéré : il ne peut y avoir d’influence des planètes sur les êtres peuplant la terre, aucune« radiation » ou autre n’étant décelable distinctement, analytiquement. Ainsi, l’astrologie serait fausse quant à ses principes. La question paraît mal formulée. L'univers étant Un, les choses s'enchaînent les unes aux autres dans une continuité que rien n'altère. L'unité, voilée par la diversité, dirige le monde, comme le centre d’une roue orchestre le mouvement de celle-ci. Hommes, femmes, planètes, objets sont mus par ce principe unique. Etant tous liés entre eux, comme les points d’un cercle, il existe des correspondances, des analogies entre les mouvements des astres et les changements se produisant sur Terre. Autrement dit, le ciel peut nous apparaître comme un grand livre s’écrivant comme s’écrivent nos vies humaines. Le décryptage de ces données relève de l’astrologie. Comme le relevait René Guénon (Autorité spirituelle et pouvoir temporel, Guy Trédaniel, éd. Véga, p. 22 et 23), « les lois [du mouvement des astres] traduisent physiquement les principes métaphysiques dont elles dépendent ; et c’est là-dessus que reposait la véritable astrologie des anciens ». La recherche« d’influences astrales », sous forme de « rayonnements »,« d’ondes », de« radiations » émises par les planètes sur les individus et la Terre nous paraît ainsi une quête fort ardue, rendue nécessaire si l'on s'attache à l'approche analytique des choses. Cette quête correspond à la recherche d'apparences sensibles et mesurables. Pour de plus amples explications des principes à l’œuvre, nous proposons au lecteur de se reporter à l’introduction à l’astrologie figurant dans le premier manuel d'astrologie.
L’astrologie
traditionnelle n’a rien d’un monde inaccessible.
L’esprit traditionnel veut que l’on
résolve les
éventuelles questions par des principes.
Un principe est une origine, le latin principium
si
gnifiant
premier, origine. Il s'agit s’agit pour nous de remonter
à
la source et d’y puiser la connaissance
nécessaire. Contre
le foisonnement des règles, des sentences figées,
nous
proposons de résoudre les questions d’interprétation
astrologique par des principes peu nombreux, mais suffisamment
primordiaux pour traiter n’importe quel thème
efficacement. Les règles limitées,
multipliées
rigidifient l’esprit. Une attitude dure finit toujours
par se briser, par échouer. La voie que nous proposons est
autre. Elle consiste à découvrir le raisonnement
traditionnel, qui n’a rien de systématique, mais
au
contraire est tout en souplesse. Ce raisonnement traditionnel,
concernant l’astrologie, s’appuie sur deux
principes : la
loi d’analogie et la loi de
complémentarité. Ces
principes traversent toute la Tradition. Pour ceux souhaitant
se pencher sur l’intellectualité traditionnelle,
nous
conseillons d’étudier et d’approfondir
l’œuvre de René Guénon. En
connaissant, en
vivant intérieurement ces principes, tout peut
être
retrouvé simplement. Ceci est accessible par
l’étude d'un corps doctrinal cohérent.
Cette
cohérence ne peut être obtenue qu’en se
référant à des principes, à
une
unité de pensée. Cette unité
n’a rien
d’une uniformité, comme l’attestent les
multiples
formes que revêt la Tradition aux divers lieux et
époques
du monde. En développant l’esprit traditionnel, il
est
ensuite plus aisé de passer d’une branche
à
l’autre, de découvrir la médecine
traditionnelle
chinoise, le Yi Jing, la Kabbale, les symbolismes divers, les pratiques
spirituelles orientales et occidentales,
l’homéopathie,
les arts traditionnels, etc. L’astrologie constitue un moyen d’accès à ces puits de
connaissance.
| Textes en libre accès |
Bibliographie |