La loi d'analogie


Lune

par G. Audebrand et I. Ravier


Soleil et Lune
 

    Dans l’introduction générale ont été esquissés certains rapprochements entre notions, telles ceux entre corporéité, quantité, terre, support, substance et « mentalité de la Tortue ». Cette manière de rapprocher certaines notions constitue une application de la loi fondamentale des sciences traditionnelles : la loi d’analogie.

 

DEFINITION DE L’ANALOGIE

 

    L’analogie signifie dans le langage courant correspondance. Cependant, toute correspondance n’est pas analogie au sens traditionnel du terme. Etymologiquement, analogie signifie « parole, discours » (du grec, logos) en rapport avec « le haut » (du grec, ana-), procédant de lui. Le Logos doit être entendu comme connaissance. Le rattachement de celle-ci à la parole se fait par imitation (par analogie justement) du Verbe divin (1), présent dans toutes les traditions et à l’origine du monde (2). Notons également que la présence d’un haut implique celle d’un bas. Dans le préfixe « ana- »  est donc supposée une relation entre le haut et le bas.

    Il convient, pour comprendre la portée de la définition de l’analogie, de souligner que l’entièreté du monde dans lequel nous vivons apparaît comme un reflet de principes supérieurs. Chacun de ces principes se manifeste via de multiples correspondants dans les corps, les pensées, les actions, etc (3). Ainsi, le principe de cyclicité se retrouve dans de multiples individus par exemple, tant corporellement, que mentalement, que dans les types d’actions, etc. Les circulations sanguine et nerveuse, les modifications émotionnelles, les actions répétitives en forment des illustrations. Le « microcosme » n’est pas seul concerné. A une échelle plus élevée, le « macrocosme » obéit aux mêmes lois cycliques : cycles diurne, mensuel annuel, général (embrassant l’existence). « Microcosme » et « macrocosme » sont bâtis en analogie. Nous retrouvons en divers sens le bas correspondant au haut. L’analogie, procédant du haut vers le bas, consiste donc à partir des principes pour les appliquer aux conditions de notre monde. Quant à la démarche d’apprentissage de l’analogie, elle part de ce qui est immédiatement accessible pour nous, vu notre état humain (4), pour remonter vers les principes. L’observation, exercée à partir des connaissances d’ordre doctrinal, forme un bon support. En menant celle du couple humain, par exemple, nous retrouvons la polarité masculin – féminin, d’ordre universel, nommée yangyin dans la terminologie extrême orientale. Nous pourrions écrire la même chose s’agissant des cycles. Pour figurer l’analogie, nous pouvons recourir au diagramme suivant.

Représentation de la loi d'analogie

    Ce diagramme n’est pas complet, toute représentation symbolique présentant un degré d’imperfection (5). Une vue plus principielle correspondrait à ceci :

 
représentation de la loi d'analogie

 

    Un principe se reflète par un centre, de nature relative, placé sur le plan de réflexion (figuré ici par un point sombre) (6). La notion de réflexion suppose un certain renversement des rapports entre le haut (ce qui dépasse notre état présent) et le bas (notre état présent), comme un miroir inverse l’image. En se regardant dans une pièce d’eau, le reflet semble regarder le haut, tandis que la source regarde vers le bas.L'arbre inversé L’analogie s’applique en sens inverse, ce qui est symbolisé de diverses manières par les traditions. La figure de l’arbre inversé se rencontre par exemple fréquemment (7). Cet arbre, dont les racines plongent dans le ciel et dont feuillages et branches se déploient en bas, montre l’origine (les racines) placée en haut et le déploiement de ses possibilités (feuillage et branchage) en bas. Le tronc représente l’axe vertical assurant la continuité et le lien entre le principe et ses manifestations (comparable à l’axe vertical du schéma situé plus haut). Dans la manifestation sensible, reflétant un état supérieur, les arbres se présentent de manière inversée par rapport à son prototype principiel : racines en bas et branches et feuillage en haut. La notion de reflet suppose également une certaine déformation, connexe de l’imperfection de ce qui est manifesté. Ainsi, la figure du cercle parfait ne se rencontre jamais dans la manifestation. Les trajectoires des astres, par exemple, sont elliptiques. L’ellipse est obtenue en dédoublant le centre d’un cercle et en maintenant constante la somme des distances d’un des points de sa circonférence avec ses deux foyers (analogue du rayon du cercle). Nous voyons que le propre du plan de réflexion est de dualiser.

    Le centre relatif reflète le principe qui en est à l’origine. Le propre d’un centre, analogue du pouvoir, est de régir ce qui se situe autour de lui, à sa périphérie. Il regroupe autour de lui les divers éléments manifestés qui se placent sous sa « juridiction », en même temps qu’il les produit et les contient à un degré éminent. Ces éléments manifestés sont représentés par la circonférence, symbole du monde (8). On devine que le centre entraîne tout le mouvement et fournit le point de référence à partir duquel les divers points du cercle peuvent être rapprochés analogiquement (9). Les points de la circonférence sont tous liés entre eux par une soumission commune à un même principe. Dès lors, toute série d’objets, d’êtres, d’événements constituant les reflets d’un principe leur étant commun peuvent être étudiés les uns par les autres en fonction de ce principe. En sachant le comportement d’un des éléments d’une série, nous pouvons l’étendre par analogie aux autres éléments de la même série, par la connaissance du principe les animant. Géométriquement, un cercle se trace en prenant son centre et en désignant tous les points situés à égale distance de lui. Graphiquement est ainsi traduite la relation d’interdépendance entre les éléments manifestés et leur participation à un centre unique (10).

    L’interdépendance ainsi envisagée résout la question de « l’influence des astres ». Les planètes du système solaire et les signes zodiacaux, pour citer les principaux facteurs astrologiques, étant intégrés dans notre monde se soumettent au principe de celui-ci, à son centre. Ils appartiennent à une série indéfinie comprenant entre autres certains de nos actes, capacités, etc. Par la connaissance du mouvement des astres (11), il est possible d’étudier les variations dans les êtres et les situations, le mouvement n’étant que l’analogue spatial du changement. En connaissant le comportement propre d’un astre dans un thème, nous pouvons remonter à son principe, puis appliquer ce dernier à l’ensemble des faits de l’existence d’un individu, en redescendant. Ce mouvement vertical dans les deux sens est celui de l’analogie. Ce terme insiste sur le haut. La prééminence est ainsi accordée aux principes.

LE SYMBOLE


    Les instruments de l’analogie sont les symboles, auxquels nous venons de recourir. D’une manière générale, la Tradition utilise ceux-ci pour exercer sa fonction de transmission (12). Le symbole concentre en lui les correspondances entre divers objets. Etymologiquement, symboliser (grec syn bolein) signifie « lancer ensemble, unir ». Il s’oppose à diaboliser (grec dia bolein), « lancer en travers, séparer » (13). Notre monde humain, composé des éléments s’y manifestant, ne constitue lui-même qu’un vaste symbole des réalités d’ordre supérieur. Les symboles ne sont ainsi pas nécessairement graphiques : ils peuvent être sonores, tactiles, mentaux, gestuels, etc. Les écritures traditionnelles, en ceci complètement différentes des modernes, sont fondées sur le symbolisme. La calligraphie chinoise en offre un exemple. Prenons le pictogramme (14) représentant l’homme (Ren ou Jen).

 
 le pictogramme ren (ou jen)

tracé du pictogramme ren (ou jen)

Le pictogramme de l’homme : Ren ou Jen

 
    Le pictogramme Ren comporte de multiples analogies, coexistant entre elles. Il met en relief la principale caractéristique corporelle de l’être humain : la station debout. Cette position le place comme intermédiaire entre le Ciel (le haut, le yang) et la Terre (le bas, le yin) (15). Il touche le sol de ses pieds et le ciel de sa tête. Il existe toujours un ordre d’exécution des traits pour effectuer une calligraphie. Tout étant symbole des réalités supérieures, l’ordre d’exécution a une signification.  Lors du tracé du signe de l’homme, la main réalise deux traits, toujours de haut en bas. Ceci montre que le rôle de médiateur entre Ciel et Terre s’exerce en faisant descendre les influences célestes sur la Terre (16). Le ciel que nous connaissons représente le Ciel, et la terre que nous connaissons la Terre. Le Ciel représente les qualités, les attributs qui prennent la Terre comme support de manifestation (17). Dans la Bible, Adam, prototype de l’homme, reçoit le pouvoir de nommer les choses et les êtres (Genèse 2.19 et 2.20), ceci représentant son pouvoir sur le monde manifesté. Il conduit les influences célestes sur les terrestres, conformément à son rôle de médiateur. Une autre signification est présente dans le pictogramme traditionnel. La figure de l’homme offre deux traits. Ceci symbolise à l’évidence la dualité présente en lui. Corporellement, on observe la symétrie relative de l’apparence physique : deux pieds, deux mains, deux yeux, etc. Plus subtilement, il s’agit des deux aspects yin et yang de l’être, féminin et masculin, passif et actif, malléable et ferme, etc. Le trait de gauche se nomme Bie et est yang, le trait de droite se nomme Fu et est yin. Le premier trait est grand, le second petit, deux complémentaires à rapprocher de la dualité yin/yang, principe d’ordre universel. Ceci nous ramène naturellement au rôle médiateur de l’être humain, le Ciel étant yang et la Terre yin.

yang et yin

    Ensuite, lors de l’exécution du pictogramme Ren, chaque trait est exécuté en formant une sorte de point par enroulement du pinceau autour d’un centre, « tête » que l’on prolonge d’une « queue ». Là encore, le symbole est à l’œuvre. Le point représente le principe, l’unité à partir de laquelle se déploie toute chose. Dans Ren se trouve ainsi représentée l’existence du principe vivificateur de l’homme. L’enroulement autour de ce centre symbolise le mouvement qu’orchestre ce point (18). La « queue » désigne le déploiement effectif de ce principe, son prolongement dans la manifestation. La « tête » du second trait, celui de droite, constitue l’articulation entre les deux parties de la figure. Elle est située un peu en dessous de celle du premier trait. Ici se retrouve marquée la hiérarchie entre Ciel et Terre, les deux principes dont l’homme forme l’intermédiaire. En effet, à la plupart des époques de l’histoire de Chine, la droite était considérée comme yin et la gauche yang (19), la droite comme terrestre et la gauche comme céleste. Dans le pictogramme de l’homme se trouve marquée la hiérarchie. Nous pourrions encore continuer à explorer ce dessin, mais notre propos est juste de faire sentir la force et la nature du symbolisme. Nous le voyons, à partir de deux simples traits, des significations profondes surgissent, allant bien au-delà de ce que produit la « signalétique » moderne, utilitariste et d’une nullité intellectuelle consternante : panneaux de circulation, logotypes de marques, publicités, codes–barres, figures dans la cartographie, etc. La puissance d’évocation du symbolisme en fait le moyen d’expression des doctrines traditionnelles.

    Ce bref exposé doit aider à faire sentir que le symbolisme présente une grande cohérence, tirée de sa participation au centre. Chaque élément du symbole a sa propre signification, mais s’intègre dans un tout le dépassant. En contemplant le symbole globalement, un principe doit être senti. Les différents détails, soit formels, soit d’organisation (comprenant l’ordre du tracé par exemple), représentent les divers attributs de ce principe. Nous avons affaire ici à l’Aigle et non plus à la Tortue.

Zodiaque et Tai Qi
Relations entre le Zodiaque et le Tai Qi

    Il va sans dire que cette intelligence des choses n’est pas enseignée dans les écoles et qu’elle est étrangère à la mentalité moderne, d’où la nécessité d’acquérir un nouvel état d’esprit. Les plus grandes civilisations de notre monde se sont fondées sur cette compréhension, comme l’illustre l’écriture chinoise traditionnelle. M. Javary indique que : « […] les mots étant les outils avec lesquels on pense, il faut en conclure que réfléchir avec des mots formés de signes littéralement vides de signification propre ne peut activer les mêmes circuits cérébraux que raisonner à l’aide de schémas graphiquement parlants et orthographiquement muets » (20). En mettant à part la fausse attribution au cerveau – organe physiologique – de l’intellectualité, sauf à le considérer comme un symbole de l’intellectualité véritable, cette citation peut aider à comprendre les difficultés se posant à l’étudiant et les moyens de les résoudre. Comme nous l’avons déjà laissé entendre, un obstacle important à la compréhension réside dans la structure propre aux langues occidentales modernes. Une langue constitue le reflet d’une mentalité. Nous sommes profondément marqués dans notre appréhension du monde par les cadres logiques contenus dans le langage. Or, les langues modernes tendent à l’imprécision, à l’errance, à la confusion, ceci étant lié à leur caractère quantitatif accentué. Elles sont très éloignées de l’intelligence intuitive nécessaire à l’astrologie et aux études traditionnelles. Les contenus conceptuels qu’elles renferment sont très pauvres, incertains, coupés de leurs racines et rendent difficile la présentation des différentes branches traditionnelles. Les langues modernes sont constituées d’alignements de lettres dénuées de valeur, de sens propre, donc qualitativement pauvres. Pour pallier cette difficulté, il nous faudra décrire, parfois longuement, les notions nécessaires. En utilisant divers éclairages, nous espérons parvenir à transmettre l’intelligence des symboles et de l’interprétation. Au lecteur reviendra le travail de compréhension intérieure et d’assimilation, le plus difficile admettons-nous.

 

ANALOGIE ET SYNTHESE

 

    L’analogie suppose le développement de l’esprit de synthèse. Par synthèse, il ne faut pas entendre syncrétisme. Le syncrétisme ne constitue qu’une accumulation de diverses données auxquelles l’être humain ne confère qu’après coup une unité, alors toute artificielle. Au contraire, la synthèse exige de comprendre l’unité essentielle de toute chose, avant éventuellement de redescendre jusqu’à ses applications « concrètes ». L’image de la Tortue et de l’Aigle correspond également à la différence entre synthèse et syncrétisme. Le syncrétisme forme l’aboutissement de la démarche analytique, que la science moderne revendique haut et fort et que nous lui accordons volontiers. L’analyse se définit usuellement comme l’examen ou l’opération permettant d'isoler ou de discerner les différentes parties d'un tout. Le terme comporte pourtant quelque chose de plus, très révélateur sur l’état d’esprit moderne. A regarder la manière dont il est formé, nous constatons qu’il est constitué du radical ana- et du suffixe -lyse. Le premier indique le rapport de bas en haut, tel qu’il figure dans le mot analogie. Le suffixe -lyse révèle quant à lui la nature véritable de l’analyse. Il signifie « dissoudre ». Ainsi, l’instrument de la science moderne révèle explicitement qu’il vise à rompre, à perdre le lien entre le bas et le haut, la Tortueà rompre (illusoirement) le lien qui nous rattache aux principes. Il s’agit d’un moyen de décomposition. La science moderne ne cache donc même pas son caractère essentiel qui est de mettre fin à toute possibilité de rapport avec le haut. C’est alors le bas, le quantitatif qui prévaut, tirant à chaque instant vers un degré inférieur, conformément à sa nature. Le propos de l’analyse est de séparer toute cohésion, de n’envisager qu’une multiplicité de phénomènes dont on espère que la chance permettra d’en tirer quelque vérité. La mentalité enseignée dans le monde moderne expose que c’est en divisant les éléments que l’on apprend à connaître. Nous en voyons des applications dans tous les domaines : médecine (division du corps humain et de ses fonctions), psychologie (on dissèque l’individu), informatique (le codage divisé), etc. A l’opposé, le symbole, principal véhicule d’expression de l’analogie, permet de relier synthétiquement entre eux des éléments divers. Il s’agit de saisir l’ensemble d’un trait, d’un coup d’œil. Le pictogramme chinois de l’homme, que l’on peut embrasser d’un regard et comprenant bien plus de choses qu’il n’y paraît, nous paraît en former une illustration accessible.

    Dans l’approche moderne, ce que l’on apprend à un endroit ne sert pas à un autre, en vertu de la division dont elle procède. Les mécanismes de raisonnement retrouvés en français, par exemple, ne servent pas dans la compréhension de la physique (en dehors du fait d’indiquer le code pour lire les textes scientifiques qui, eux, permettent d’aborder la physique). Il en résulte une myriade de petits groupes incapables de se comprendre véritablement entre eux, autrement que par une communication superficielle par l’intermédiaire du langage. Lorsqu’on souhaite aborder une nouvelle discipline, il faut tout réapprendre, d’où l’épuisement mental, le surmenage, le déséquilibre comme conséquences de qui s’y livre, souvent par contrainte (la voie scolaire) (21). Les sciences traditionnelles, procédant de la synthèse, ne comportent pas cet inconvénient. Nous y retrouvons le même esprit que l’on découvre, approfondit et pratique via diverses formes, comme autant de vêtements. Les seuls traits communs de la science moderne résident dans la méthode employée, encore qu’elle soit flottante dans sa définition, et  dans son caractère quantitatif.

    A l’idée de synthèse correspond l’intuition. Celle-ci est une faculté d’un ordre incomparablement plus élevée que le raisonnement, comme nous aurons l’occasion de l’expliciter encore davantage par la suite. Selon Littré, l’intuition est la « connaissance soudaine, spontanée, indubitable, comme celle que la vue nous donne de la lumière et des formes sensibles, et, par conséquent, indépendante de toute démonstration. Vérité d'intuition ». Cette définition a ses limites. Le terme provient du latin intuitionem, de intueri, de in (en, dans), et tueri (voir). L’intuition consiste à rentrer dans le cœur des choses, donc dans leur principe. Le Soleil, le CentreCette faculté est d’ordre supra individuel et tire sa puissance du Principe lui-même. La Tradition se sert du Soleil et de la Lune pour symboliser cette intuition : le premier est connaissance directe et la seconde connaissance réfléchie. Le symbolisme, relevant d’une connaissance réfléchie, sert à exprimer ce qui dépasse les conceptions ordinaires de l’être humain. Les conditions actuelles de l’humanité, sa dégradation, font que ce véhicule nous est nécessaire pour rendre intelligibles les données traditionnelles et pour suivre un cheminement spirituel.

    L’analogie permet de se connaître soi-même, de connaître les autres et de connaître les mouvements généraux animant le monde, sans sortir de chez soi. « Sans franchir sa porte, on peut connaître le monde », a dit Lao Tseu. La loi d’analogie, fondamentale, permet de tout retrouver. La sagesse chinoise illustre remarquablement cette loi : « Il suffit qu’un homme avisé entende une chose pour en apprendre dix ». Comme souligné, les facteurs en analogie peuvent s’étudier les uns par les autres, pourvu qu’on en sache les lois. Ainsi, en connaissant une chose, nous pouvons en connaître dix. Le nombre dix symbolise l’achèvement de la création, comme s’agissant des dix Sephiroth de la Kabbale juive. Ainsi, le proverbe signifie : en connaissant l’Unité (« une chose »), l’homme véritable les connaît toutes (« dix ») (22).

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(1) Voir : René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, chapitre II, Le Verbe et le Symbole. Retour au texte.
(2) Par participation à cette origine, la transmission initiatique se réalise oralement et rituellement, de maître à disciple, lequel connaît alors une « nouvelle naissance ». Restera alors à développer ce germe, aboutissant à un passage au-delà de la limitation individuelle, nous délivrant de l’individualité humaine et de ses limitations propres. Voir : René Guénon, Aperçus sur l’initiation, Editions traditionnelles. Retour au texte.
(3) Soulignons que ces modalités n’affectent pas le principe en tant que tel. Celui-ci demeure immuable et premier. Retour au texte.
(4) Pour un développement, voir : René Guénon, Autorité spirituelle et pouvoir temporel, éd. Véga, Guy Trédaniel, pages 22 et suivantes. Retour au texte.
(5) Nous aurons à revenir sur cette notion d’imperfection, consubstantielle à la manifestation. Le symbolisme est par nature imparfait car il ne forme qu’un moyen d’expression et non l’objet lui-même. Il est incomplet. La manifestation est le domaine de la dualité, partant de l’imperfection (seul est parfait ce qui est un). Retour au texte.
(6) Sur les rapports entre le pôle et le centre, voir : René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, chapitre VIII, L’idée du Centre dans les traditions antiques ; même auteur, Le Symbolisme de la Croix, Guy Trédaniel éditeur. Retour au texte.
(7) Voir : René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, chapitre LI, L’Arbre du Monde ; A. K. Coomaraswamy, L’Arbre inversé, Archè, Cahiers de l’Unicorne. Retour au texte.
(8) Voir sur ce sujet : René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, chapitre VIII, L’idée du centre dans les traditions antiques. Retour au texte.
(9) Lao Tseu a dit (Tao-te King, XI) :
« Trente rayons convergent au moyeu
mais c’est le vide médian
qui fait marcher le char ».
Retour au texte.
(10) Il est intéressant de noter que le centre d’un cercle peut être retrouvé à l’intersection des médiatrices des cordes de ce cercle : 
centre du cercle retrouvé à l'intersection des médiatrices de deux cordes
Une médiatrice coupe un segment en son milieu et à angle droit. Nous retrouvons ici la notion de reflet du centre (milieu du segment) et d’axe vertical (la perpendiculaire). C’est par la verticalisation que l’être peut regagner son centre en partant de la périphérie. Ici se trouve une illustration de la loi d’analogie : un même modèle principiel se retrouve à différents échelons de manifestation. Indiquons en passant que les mathématiques, comme toute science, n’ont pas exclusivement un caractère quantitatif mais au contraire essentiellement un caractère qualitatif. Sur ce sujet, voir, par exemples : René Guénon, Les principes du calcul infinitésimal, éd. Gallimard ; même auteur, Le Symbolisme de la Croix, Guy Trédaniel éditeur ; même auteur, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éd. Gallimard. Retour au texte.
(11) Nous abordons plus spécifiquement cette question dans le deuxième volume du traité d'astrologie traditionnelle, relatif à l'interprétation. Retour au texte.
(12) Les diverses traditions peuvent être également vues comme autant de points de la circonférence d’un cercle dont le centre symbolise la Tradition elle-même. Retour au texte.
(13) Nous le voyons, le diabolisme n’a rien d’une sorte de jugement moral, relevant des catégories basses entre bien et mal. Il s’agit de la puissance séparant les choses et obscurcissant l’intelligence de l’unité. Comme le symbolisme, le diabolisme fait partie du monde. De même, Satan, autre nom couramment donné au Diable, signifie en hébreu l’Adversaire. Nous retrouvons encore la notion de séparativité, l’Adversaire laissant supposer qu’il y a division. Retour au texte.
(14) Un pictogramme est un caractère formel, le « vêtement » d’une idée, lui conférant une apparence sensible. Le dessin évoque sous forme stylisée l’objet qu’il représente. Retour au texte.
(15) Nous développerons cette notion capitale un peu plus loin car elle est la clé de l’interprétation astrologique. Sur la triade Ciel – Terre – Homme, voir René Guénon, La Grande Triade, éd. Gallimard. Retour au texte.
(16) Ibid. Nous recommandons également le livre de Jacques-André Lavier, Médecine chinoise, médecine totale, Grasset. Retour au texte.
(17) La comparaison entre une espèce, animale ou végétale, et les individus se rattachant à elle peut faire sentir les rôles respectifs du Ciel et de la Terre : l’espèce (versant céleste) se voit, se manifeste par ses individus (versant terrestre). La première est de nature qualitative, les seconds de nature quantitative. Ainsi, une espèce donnée n’a pas besoin de l’existence actuelle de chacun de ses membres pour se maintenir. Si tous les individus la composant disparaissent, l’espèce subsiste au moins en principe. Retour au texte.
(18) Ce symbole est un analogue du Swastika hindou, figurant le mouvement autour d’un centre. Les nazis se sont emparés de ce symbole, en le détournant, en ignorant sa signification profonde, en en adultérant l’image de manière scandaleuse. Sur le Swastika, voir René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, p. 69 et suivantes ; même auteur, Le Symbolisme de la Croix, chapitre X, Le swastika. Retour au texte.
(19) Voir Lao-tseu, Tao-te-king, chap. XXXI. L’homme regardant le soleil au méridien a l’est à sa gauche, point où la lumière (yang) augmente et surgit et l’ouest à sa droite, point où l’obscurité se fait. Retour au texte.
(20) Cyrille J. D. Javary et Pierre Faure, Yi Jing, Le Livre des Changements, éditions Albin Michel, page 6. Retour au texte.
(21) La confusion de la mentalité moderne fait même que l’on tente malgré tout de jeter des ponts entre les diverses disciplines, par « souvenir » subconscient de l’Unité perdue. Il n’en résulte que des conséquences encore plus fâcheuses. Comme le note René Guénon, « […] il n’y a rien au-dessus de ces sciences analytiques : elles ne se rattachent à rien et, intellectuellement, ne conduisent à rien ; l’esprit moderne se renferme dans une relativité de plus en plus réduite, et, dans ce domaine si peu étendu en réalité, bien qu’il le trouve immense, il confond tout, assimile les objets les plus distincts, veut appliquer à l’un les méthodes qui conviennent exclusivement à l’autre, transporte dans une science les conditions qui définissent une science différente, et finalement s’y perd et ne peut plus s’y reconnaître, parce qu’il lui manque les principes directeurs. De là le chaos des théories innombrables, des hypothèses qui se heurtent, s’entrechoquent, se contredisent, se détruisent et se remplacent les unes les autres, jusqu’à ce que, renonçant à savoir, on en arrive à déclarer qu’il ne faut chercher que pour chercher, que la vérité est inaccessible à l’homme, que peut-être même elle n’existe pas, qu’il n’y a lieu de se préoccuper que de ce qui est avantageux, et que, après tout, si l’on trouve bon de l’appeler vrai, il n’y a à cela aucun inconvénient. » (René Guénon, Orient et Occident, Editions de la Maisnie, pages 156 et 157). Retour au texte.
(22) Si rien n’oblige à sortir de chez soi, en revanche, il est toujours profitable de rencontrer d’autres êtres humains, dont l’observation nourrit la connaissance et fait mûrir le cœur. Ce regard ne doit pas être celui de l’entomologiste disséquant des insectes, mais celui de l’être qui considère toutes choses sans juger. La sentence de Lao Tseu peut être entendue également dans un sens supérieur. Tout se trouve en nous. Il n’est pas besoin de sortir de nous-même pour connaître le monde, car celui-ci est compris dans notre être. Nous retrouvons une dernière fois la nécessité de se tourner vers l’intérieur et non d’errer indéfiniment à l’extérieur, en quête d’un bonheur impossible… Or, c’est cette méthode qui est préconisée par la mentalité moderne, malgré les démentis constants qu’elle reçoit et qu’elle s’efforce de cacher sous le tapis par une entreprise de suggestion massive, qui n’aura qu’un temps, fort bref. Retour au texte.


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