Gilles
Andrès,
médecin
acupuncteur, nous expose dans son ouvrage, les principes
régissant les civilisations traditionnelles
et l'impuissance de la mentalité moderne à
comprendre
leur
fonctionnement. Il s'applique notamment à
démontrer que les sciences modernes s'acharnent à
minimiser la puissance
intellectuelle des civilisations traditionnelles, en
évoquant,
comme toujours, l'évolutionnisme, théorie profane
s'ingéniant à démontrer que l'homme
devient plus
"intelligent "
au cours du temps, notamment l'homme occidental. La
dégénérescence intellectuelle,
accélérée par l'apparition du
rationnalisme est la
cause de l'apparition de telles théories. La
dégradation
constante du milieu de vie, l'accroissement de
l'instabilité,
le défaut de repères, de transmission devraient
pourtant
faire douter de la pertinence de cette notion de "progrès"...
L'auteur nous désigne
clairement dans son
ouvrage
les limites
dues
aux conceptions des civilisations modernes, limites liées
à leur manque de
Principe directeur. Ces bornes étroites y sont
comparées
de manière efficace à la force du mode de
pensée
traditionnelle, régi selon un Ordre immuable.
Pour appuyer son exposé,
d'une portée
générale, Gilles Andrès prend
l'exemple
d'un domaine qu'il
côtoie au quotidien, celui de la médecine. Il nous
présente les principes de celle-ci selon la Tradition,
à l'origine sujet d'une thèse de doctorat. Il
illustre
son travail avec trois
médecines, issues de
civilisations différentes : la
médecine chinoise (ancienne de plus de 4000 ans), la
médecine
selon Paracelse (Moyen-âge) et celle d'Hippocrate. La
médecine d'Hippocrate est à l'origine de la
médecine moderne. Néanmoins, cette filiation
procède d'une amputation du corps doctrinal
délivré par Hippocrate, d'une
véritable
dégénérescence. Ce corps se composait
en effet
principalement de deux lois : la Loi des similitudes et la Loi des
contraires. Seule la seconde a été retenue par la
mentalité moderne, constituant ainsi l'allopathie,
médecine de lutte. Cette dernière reste toutefois
fort
éloignée des théories d'Hippocrate
puisqu'elle a
perdu de vue la loi qui la complète. Cette Loi des
similitudes
fournit l'une des bases de l'homéopathie, souvent
très
critiquée par les médecins allopathes,
malgré son
intérêt résidant dans la prise en
compte de la
nature propre du patient qu'elle entend traiter.
Tout en discourant sur ces trois modes
de
médecine, Gilles Andrès
évoque la déchéance de l'homme dans sa
pratique médicale au cours du temps. De nos jours, oubliant
totalement sa dimension spirituelle (voire même simplement
humaine), elle est devenue un véritable business,
où le
patient est devenu un simple numéro (la
sécurité
sociale !). De plus, la prétention des médecins
modernes
à monopoliser et à concentrer sur leur
tête toute
la médecine ne cesse d'étonner... Elle correspond
à l'état d'esprit des scientifiques modernes,
pour
lesquels rien ne peut se concevoir ou être pensé
en dehors
de leur mode très spécial
d'appréhension des
choses. Pourtant, les succès thérapeutiques de
l'acupuncture par exemple, laquelle appartient aux médecines
traditionnelles, devraient inciter à plus de respect pour
ces
dernières et à les recommander comme
première
médecine et non comme simples auxiliaires de la
médecine
moderne.