SIGNES MASCULINS ET SIGNES FEMININS

(G. Audebrand, I. Ravier)


Soleil et Lune


   

    Un des principes les plus universels est celui de la complémentarité entre le yang et le yin. Il se retrouve ainsi naturellement dans la composition du Zodiaque, où certains signes sont dits masculins (analogiquement yang) et d’autres féminins (analogiquement yin). Les présentations habituelles, faites dans les manuels d’astrologie, indiquent que les signes sont alternativement masculins et féminins, en partant du Bélier, considéré comme masculin. Le groupe masculin est ainsi composé du Bélier, des Gémeaux, du Lion, de la Balance, du Sagittaire et du Verseau. Le groupe féminin comprend le Taureau, le Cancer, la Vierge, le Scorpion, le Capricorne et les Poissons. La figure ci-dessous permet de visualiser cette alternance :

Le Zodiaque avec son alternance de signes masculins et de signes féminins

Présentation habituelle des signes masculins et féminins

    Cette présentation imite celle des couples, car elle associe deux signes adjacents et de polarité différente. Ainsi, le Bélier (masculin) et le Taureau (féminin) avancent côte à côte. Le Soleil, en parcourant annuellement les douze signes du Zodiaque, passe alternativement du masculin au féminin. Chaque signe est teinté par sa polarité, qui explique donc pour partie sa signification. Nous pouvons toutefois noter que cette désignation des qualités des signes procède de l’ordre extérieur du Zodiaque, puisque cet ordre est symbolisé par le mouvement apparent du Soleil le long de la bande autour de l’écliptique. Or, traditionnellement, les explications procèdent de l’intérieur vers l’extérieur, et non l’inverse. Ainsi, attribuer un genre aux signes par la méthode exposée ci-dessus ne paraît pas déterminer de manière pertinente leurs qualités fondamentales. Le Scorpion, par exemple, serait un signe féminin, alors qu’il régente la sexualité masculine, l’esprit de conquête, d’agressivité, ce qui ne se rattache pas fondamentalement au yin, duquel relève, entre autres, l’introversion. De même, les Poissons sont dits féminins, alors qu’ils symbolisent l’expansion, qualité plutôt yang (force centrifuge). Les Gémeaux relèvent de la masculinité, alors qu’ils représentent la dualité, relevant davantage du yin. De plus, à regarder les oppositions entre signes, se réalisant par rapport au centre de la Roue zodiacale, nous nous rendons compte qu’elles s’effectuent entre signes d’un même genre. Ainsi, le Bélier, signe masculin, s’oppose à la Balance, signe également masculin. Le Taureau, signe féminin, s’oppose au Scorpion, signe féminin, etc. Or, comme nous l’expliciterons encore davantage dans la suite de cet article, une opposition (une complémentarité) se réalise par polarisation d’un principe unique. Cette polarisation se produit nécessairement entre un aspect masculin et un aspect féminin, exprimant respectivement le côté actif et le côté passif du principe. En opposant deux signes présentés de même polarité, la méthode extérieure de répartition des signes en genres montre une faille conséquente. 

    Le lecteur l’aura compris : les choses sont plus complexes, subtiles et nuancées que la présentation ordinaire ne le laisse entendre. Pour envisager la question de la polarité des signes, qui existe par analogie avec la polarisation entre Ciel (yang) et Terre (yin), il faut en revenir aux principes. Le yin et le yang se situent en relation d’interdépendance, comme la figure du Tai Qi l’indique :

 Le Tai Qi

 Le Tai Qi

    Yin et yang expriment les rapports entre le passif et l’actif dans une situation donnée (entendue au sens large). Leurs rapports ne sont pas statiques. Le Tai Qi les montre à l’état d’équilibre, mais ils se présentent dans des proportions indéfiniment variées. Interdépendants, la décroissance de l’un est concomitante de la croissance de l’autre. Ceci est symbolisé par l’enfermement du yin et du yang dans une figure unique et un espace limité. Il est fondamental de retenir que masculinité et féminité ne peuvent s’envisager séparément, qu’ils définissent un type de rapport. Ainsi, si l’on indique qu’un signe est yang ou yin, il convient de dire immédiatement relativement à quoi.

    Ceci posé, la répartition basée sur l’organisation extérieure du Zodiaque montrant de nombreuses insuffisances et contradictions, il paraît préférable de se fonder sur l’ordre intérieur du Zodiaque pour poser et comprendre la polarisation des signes. C'est ce qu'expose cet article d'une dizaine de pages.


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