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Introduction à :Astrologie traditionnellevolume 1
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L’astrologie appartient originellement aux sciences traditionnelles. Trop souvent, ce dernier qualificatif est confondu avec « ancien », « antique », voire « coutumier » ou, encore plus bassement, « habituel ». Cette dégradation du sens, jusqu’à désigner des petits traits monotones de la vie ordinaire d’un individu, n’est pas isolée. Elle correspond au rétrécissement de l’horizon intellectuel de l’être humain aux seuls aspects quantitatifs et corporels de l’existence, parfois teintés de sentimentalité comme en « philosophie » ou en « psychologie ». L’homme moderne se suppose résident d’un monde uniquement corporel et appréciable valablement seulement par des critères fondés sur la quantité, notion qu’il appréhende d’ailleurs fort mal et de manière limitée (1). Ainsi, que pour être établie « scientifiquement » un fait ou une loi, selon cette forme de pensée, doit être mesurable quantitativement. Dans ce sens, nulle réflexion économique sans chiffres, nulle décision politique sans statistiques et enquêtes d’opinion, pas d’information prise au sérieux si elle ne s’appuie sur une litanie de chiffres, quand elle ne se résume pas à l’énumération de ceux-ci (« l’actualité boursière », les « sondages d’opinion » par exemples), etc. Par définition, par autolimitation, cette connaissance laisse en dehors de son domaine ce qui relève surtout du qualitatif et qu’elle nie plus ou moins fortement, sans examen, attitude d’une légèreté intellectuelle consternante.
Il paraît dès lors normal que,
pour cette mentalité, le caractère traditionnel
ou non
d’une pratique soit
apprécié d’après sa
répétition, sa fréquence, son nombre
d’adhérents, etc.,
toutes données quantitatives et tirées de son
passé. Peu importe à cet égard le
contenu de ces pratiques, non plus que la portée et la
vérité de la doctrine
les inspirant. Le vocable
« traditionnel »
ne
comporte ici qu’une
idée temporelle et encore dans une acception fort restreinte
puisque le temps
est ici envisagé uniquement dans son aspect
« fixateur » (d’une
pratique)
et non plus dans son aspect créateur (des
phénomènes). Le caractère inerte et
mort, autres manifestations de la fixation, d’une telle
appréciation paraît une
évidence. Elle ne sert en rien à la
compréhension
de l’objet étudié. Elle pose
de plus le problème des seuils, toujours fixés
arbitrairement et ramenant par
là même à une
subjectivité qu’il
s’agissait d’éviter : à
partir de combien
d’années de répétition
peut-on parler de
tradition, de combien d’adhérents,
comment combiner ces deux conditions (cumulatives ou alternatives),
etc. ?
Prétendre à l’objectivité
par le recours aux
nombres est commettre une grave
erreur, tout comme s’imaginer qu’ils permettent de
porter
un quelconque
jugement d’ordre qualitatif. A l’opposé
de cette
démarche, une science
traditionnelle entend saisir le principe d’une situation
vivante,
réunissant en
elle le passé et l’avenir (2).
Sans
en être affecté, il affirme l’Etre
qui est Unité. De cet Un procèdent un
principe céleste et un principe
terrestre. De leur dissociation puis de leur union
complémentaire naît l’ensemble des
êtres (6).
Cette doctrine se retrouve dans toute tradition, sous des expressions
variées.
L’ancienneté, toujours relative, n’est
ainsi pas un critère si l’on retient
cette définition de nature qualitative. En raison du
caractère cyclique de
l’histoire, notion mal comprise par les modernes, des
périodes de décadence et
d’obscurcissement, analogues de la nuit, affectent les
sociétés
traditionnelles. La compréhension du Principe faiblit, la
lettre prime sur
l’esprit, les rites se figent en simples observances
formelles, avant que tout
ne soit finalement perdu de vue. Cette époque est celle des
superstitions.
Etymologiquement, avant les déviations qu’a
connues ce terme jusqu’à perdre à
peu près tout sens, superstition signifie
« ce qui subsiste (après la
bataille), ce qui perdure » (latin superstes,
-itis). Au sens
exact, une superstition est une idée, une pratique demeurant
en vigueur après
qu’on en ait perdu le sens (la bataille,
événement comportant une perte). La
période présente correspond à cette
phase cyclique. Si nous écartons le critère
de l’antiquité, il ne reste plus
qu’à constater, comme Jean Reyor (7), que ce
qui est présenté comme traditionnel en
matière d’astrologie provient de
matériaux issus de périodes de
décadence de la tradition occidentale et n’a
donc plus grand-chose de traditionnel au sens premier du terme. La
Renaissance
a mis fin au Moyen Age, époque traditionnelle
fondée sur la Chrétienté. Avec
elle est véritablement née la
mentalité moderne. L’occident avait pu
connaître
nombre de sciences traditionnelles, dont une partie de
l’héritage hellénique, par
l’intermédiaire du monde musulman (8). La déviation de
l’occident, dont le
signe premier le plus visible fut la destruction de l’Ordre
du Temple par
Philippe IV le Bel (9),
sapa progressivement et avec une rapidité
étonnante
toute compréhension réelle.
L’astrologie occidentale du Moyen Age devait tout
aux savants de l’Islam. Cet héritage, comme
beaucoup d’autres apports de la
civilisation et de la tradition islamiques, était
désormais nié. Les Musulmans
tenaient leur science astrologique de la Grèce antique,
laquelle l’avait
recueillie de la tradition égyptienne. Plus en amont, son
origine est souvent
citée comme chaldéenne.
La divergence sur le sens à
accorder au mot « traditionnel »
ne doit pas être considérée comme
une querelle de lettrés sur la définition
d’un mot. Derrière celle-ci se
trouvent deux conceptions totalement différentes de
l’univers. Ainsi,
conformément à l’approche quantitative
spécifiquement moderne, l’étude
actuelle
de l’astrologie se mène le plus couramment en
offrant une série indéfinie de
significations et de règles, certaines issues de pratiques
anciennes, ce sans
mode de hiérarchisation réelle. L’usage
des statistiques s’y rencontre parfois
(10).
Cette démarche se situe au rebours de celle d’une
science traditionnelle,
constituée sur des principes. Dans cet ouvrage, nous
voudrions montrer ce que
peut être une telle science et sa profonde opposition avec ce
qui est perçu
comme une science actuellement.
l’embrasse
d’un regard.
Il la connaît une et qualitativement. Les changements du
paysage ne l’affectent
car il perçoit l’ensemble simultanément
et non pas successivement comme
s’agissant de la Tortue. Ensuite, l’Aigle plonge
sur tel ou tel objet dont il a
cerné l’inclusion dans l’ensemble.
Remarquons, d’une part, que la Tortue est
dotée d’une acuité visuelle
très basse, distinguant difficilement les objets,
tandis que l’Aigle est au contraire pourvu d’une
vue supérieure, ce qui est
directement en rapport avec les deux démarches.
D’autre part, la méthode de la
Tortue est de nature très corporelle, grossière
(comme le suggère l’élément
terrestre dans lequel elle évolue), alors que celle de
l’Aigle s’avère plus
subtile (comme le suggère son élément
aérien). La science moderne se
reconnaîtra dans la première et la traditionnelle
dans la seconde.
du plus
grand nombre d’étoiles possible, de calculs de
distances, de masses, des
compositions des sols et des atmosphères, etc. Quel est le
sens de tout
ceci ? Cette tendance vers le pôle quantitatif de
l’existence se constate
également, par exemple, dans les réunions
d’astronomes et de badauds lors d’une
éclipse. Aucun ne sait plus le sens de ce qu’il
regarde. Seule la foule, la
quantité, le groupement importe face à un
spectacle à vague connotation
sentimentale. Ne reste que le reflet inversé de ce
qu’était un rituel organisé
autour d’un événement
céleste, ce dernier n’étant
qu’un simple indicateur des
qualités propres à un moment.

affirmer
qu’aller au nord ou au sud est équivalent,
à moins
de n’envisager les choses
que de manière purement quantitative (telle distance
parcourue,
ce qui ne retrace
qu’une partie du phénomène (15)).
Une remarque
analogue vaut pour le
temps : qualitativement, la journée d’un
vieillard
diffère dans son
appréhension de celle d’un enfant (le temps se
contracte
au cours de
l’existence), une minute de souffrance dure plus
qu’une
minute de plaisir, le
temps ne passe pas de la même manière en hiver et
en
été, etc. La compréhension
de ces qualités est l’objet de certains
enseignements
traditionnels et se retrouve donc dans les arts et sciences
traditionnels, telle l’astrologie. Cette dernière
est
trop souvent confondue avec la divination, l’art de la
prévision. Ces derniers
n’occupent pourtant, traditionnellement, qu’un rang
très inférieur (16).
L’astrologie, comme toute science traditionnelle, participe
avant
tout de
l’enseignement doctrinal. Au fond, l’attribution du
caractère divinatoire à
l’astrologie traditionnelle semble étrangement
parent de
la réduction du mot
tradition au sens
d’ « habitude » :
il s’agit
uniquement de
retracer les divers événements et faits de la vie
d’un individu, en
l’agrémentant d’un portrait plus ou
moins
psychologisant. La finalité de
l’astrologie se trouve réduite à cela.
Lorsque cette mentalité s’empare
de l’astrologie, surgissent une foule de questions
n’ayant pas lieu d’être.
Parce que mal posées, ces interrogations ne peuvent aboutir
à aucune
compréhension, à aucune certitude intellectuelle.
La question de l’influence
des astres a déjà été
abordée succinctement et forme une illustration de ce
genre de questionnements et des errances auxquelles il est capable de
donner
naissance. Il y en a d’autres. Celle du hasard revient
fréquemment. A y bien
regarder, attribuer des événements au hasard
revient à affirmer qu’ils se
produisent « comme
ça », sans cause réelle. Ce
genre d’hypothèse
devrait choquer la rationalité, toute conséquence
ayant sa cause. En fait, dans
ce genre de considérations, nous retrouvons la
réduction de tout au
quantitatif. Sans se préoccuper de la nature qualitative des
choses et des
êtres, ni par conséquent pouvoir
l’apprécier, la mentalité moderne ne
peut plus
que grouper quantitativement certaines catégories
d’événements (accidents par
exemple) et dire qu’un pourcentage de populations sera
touché, le hasard,
ressemblant d’ailleurs à un dieu ivre, se
chargeant de tirer les noms de son
chapeau. La même mentalité, ou du moins une partie
de ceux qui l’ont, se gausse
évidemment de la religion, de l’initiation et des
traditions… Toujours
concernant les pseudo questions, peuvent être
citées celles du déterminisme et
du libre arbitre (17),
de la place de la divination, du caractère ou non
contraire à la foi de l’astrologie, du
géocentrisme et de l’héliocentrisme (18),
de l’impossibilité de la
vérité de l’astrologie traditionnelle
au regard des
multiples formes qu’elle adopte dans les
différentes traditions (les
astrologies hindoue, chinoise et occidentale par exemple se
présentent de
manière très différentes), sans
compter celles ayant un caractère plus
« technique », telles celles
tournant autour de la domification (19).
L’astrologie traditionnelle
n’ayant pas pour propos principal de deviner
l’avenir, il nous faut en préciser
l’usage. Confucius a dit :
« Comprendre la volonté du Ciel conduit
à la sagesse ». Le mouvement
des astres est réglé sur celui du Ciel. Le Ciel
correspond au yang,
à l’essence appliquant ses
qualités à la substance, comme la
main du potier façonne la
terre glaise
(20).
En connaissant la signification du mouvement des astres, nous
comprenons
la volonté du Ciel. Nous y conformant, nous devenons
progressivement sages (21).
Lao Tseu a dit : « Connaître les
autres, c’est la sagesse ».
Confucius s’en est
inspiré : « Etre
humain, c’est aimer les
hommes. Etre sage, c’est les
connaître » (22). L’astrologie permet de
porter des mondes en soi, de comprendre le fonctionnement intime
d’autrui, sans
le masque des apparences et la superficialité, la
banalité du contact ordinaire
entre êtres.
Tchouang
Tseu a dit : « Dans la discussion ne
jaillit
pas la lumière ; dans l’abstrait, le sage se tient
en repos et ne disserte pas
: dans le concret il considère mais ne juge
pas ». Le propos de
l’astrologie n’est pas de délivrer de
plates leçons de morale, de dire le bien
et le mal. Le moralisme constitue l’un des pires ennemis de
la sagesse
véritable. En comprenant la place de chacun,
attribuée par le Ciel, et en accordant consciemment nos
actions à Sa Volonté, nous parfaisons notre sens
de l’unité présidant à la
vie. Dans
l’unité, il ne saurait y avoir de jugement, ni de
bien, ni de mal. Tchouang
Tseu rappelle à propos que les discussions sont
stériles, font perdre du temps
sur le chemin de la connaissance. Par discussions, il entend bien
sûr les sots
débats dont l’
« esprit » procède
tant de la division, négation de
l’unité, que de la vanité consistant
à croire son opinion, toute individuelle,
supérieure à celle d’autrui. Les
arguties sont perte de temps et
amoindrissement de l’intellectualité. Elles ne
font que manifester des
tempéraments tracassiers, donc d’un ordre
très inférieur. Par l’étude
d’autrui,
astrologique par exemple, nous pouvons comprendre intimement que
l’autre est contenu
dans la même unité que nous. Ceci participe de la
sagesse.
Néanmoins, en suivant les mouvements du Ciel, nous habituons
notre
esprit aux conditions de ce monde, à la cohérence
de celui-ci et redevenons
aptes à le relier aux principes supérieurs. Nous
n’accusons plus le sot hasard.
Nous comprenons la loi de causalité de manière
profonde. Notre esprit
s’élargit. Ceci aide considérablement
à alléger le poids des souffrances que la
vie réserve à tous. Confucius a dit à
ce sujet : « Celui dont la
pensée ne va pas loin verra ses ennuis de
près ». Au-delà, comme dans
l’alchimie traditionnelle, l’astrologie aide
à la réalisation spirituelle,
fournissant un support
appréciable dans
l’enseignement initiatique. Ce dernier,
pour être effectif, suppose un rattachement traditionnel
réel. L’usage
initiatique de l’astrologie est double. D’une part,
l’astrologie traditionnelle
apporte un support doctrinal permettant à
l’être de se réaliser spirituellement
(28),
même si ce support, parce que simplement support, est
insuffisant. Il ne
dispense pas de l’initiation, rituel véhiculant
une influence spirituelle,
germe de la réalisation ultérieure.
L’enseignement initiatique passe par les
symboles et l’astrologie expose d’une
manière synthétique le symbolisme
cosmologique. D’autre part, cette science sacrée
se rattachant à la
« science des signatures », elle
permet de retrouver la véritable
nature d’un être
(l’intérieure, non la superficielle (29)),
partant ses
qualifications éventuelles pour telle ou telle forme
d’initiation (30). Dans le
même sens, elle peut tracer le plan particulier que
l’être doit suivre pour
parvenir à ce but. A lui de l’effectuer. Les voies
de réalisation sont en
nombre indéfini, nombre égal à celui
des êtres eux-mêmes, mais le but est Un.
Il n’est pas une
machine
répétant un programme,
triste sort réservé par
l’éducation actuelle
à ceux qui la suivent, contraints
et forcés d’ailleurs tant elle est ennuyeuse. Il
se
développe en mûrissant en
lui la connaissance et donc en cessant de la considérer
comme
quelque chose
d’extérieur à lui. Le second danger
évoqué par Confucius se situe à
l’opposé.
Il concerne des êtres méprisant
l’héritage du
passé (31),
imbus de leur propre
personne, se croyant intelligents et finissant par
s’égarer faute d’être
capables d’avoir la modestie de respecter l’ordre
de la
transmission. Il peut
s’agir également de personnes errant sans cesse,
ne
trouvant pas, doutant de
tout et s’affaiblissant continuellement. Ils se perdent dans
la
circonférence,
dans la multiplicité, dans la Ronde des existences.
L’apprentissage se fait
sous l’égide d’un maître et
repose sur une
réflexion personnelle, critique,
mais humble. La critique ne sert qu’à pointer ses
propres
incompréhensions pour
les abattre. Le livre sur
les principes de l'astrologie, le Zodiaque et les planètes
est un guide, une introduction.
Il a ses
propres limites. Il vise seulement à aider à
éveiller certaines possibilités.
Il ne constitue qu’une carte. L’essentiel se
déroule
ailleurs. La connaissance
est intérieure. C’est vers
l’intérieur de
lui-même que l’aspirant à la
connaissance doit se tourner. C’est
en
(r)établissant l’unité entre
l’intérieur et l’extérieur
que l’on
accède à la
connaissance de soi. Il ne doit pas se comporter comme
l’imbécile
décrit par Confucius, qui, quand le doigt montre la Lune,
regarde le doigt. Le
doigt symbolise le guide, la Lune la connaissance. Le livre
susmentionné doit finir
par être
oublié. Il n’est qu’une
béquille, utile
seulement avant de savoir marcher seul.
Les lois qui y sont
présentées sont souples et vastes.
L’intellectualité traditionnelle ouvre à la
Possibilité universelle, seule véritablement
illimitée. Aucune rigidité d’esprit ne doit
présider à l'application de ces lois.
Toute systématisation, toute velléité
d’application mécanique sont à
écarter.
Un proverbe chinois énonce :
« Une méthode fixe n’est pas
une
méthode ». Les règles
existent, mais retracent l’indéfinie
diversité de la
vie. Leur souplesse n’est pas la négation de leur
présence et n’excluent pas la
fermeté, comme nous le verrons. Les législations
modernes sont tatillonnes,
vétilleuses, contraignantes et purement conventionnelles,
produits de la
rationalité et du sentiment, lesquels, faute de connaissance
des principes
animant le monde, dérivent tel un navire sans amarres. Elles
désagrègent
progressivement la société et ses membres. Elles
se situent à l’opposé de
l’esprit traditionnel.
L’étudiant ne doit pas non plus craindre la
lenteur du travail, ni les
premières difficultés. Lao Tseu a
dit à cet égard
qu’«
Un
voyage de
mille kilomètres commence toujours par un premier
pas ». Franchir ce pas est
difficile et se maintenir sur la voie également. Concernant
la lenteur, un proverbe chinois
énonce : « Ne craignez pas
d’être lent, craignez seulement
d’être à
l’arrêt ». Aucun effort dans la
bonne direction, celle procurant à
l’être
le bonheur indissociable de la connaissance, n’est vain. Pour
ceux qui ignorent
l’esprit traditionnel, son abord déroute. La
Tradition change l’abord des choses, la
manière de voir le monde, loin des schémas
stériles et vides où s’arrête
la
vie. L’adaptation est dure au début. Une remise en
cause, une crise se
présentent rapidement. Néanmoins, comme le
souligne un proverbe chinois,
« Le travail de la pensée ressemble au
forage d’un puits ; l’eau est
trouble d’abord, puis elle se clarifie » (32).
Aborder
l’astrologie suppose de
poser en premier lieu les principes, comme le veut la
démarche
traditionnelle. A partir de ces principes, le symbolisme des divers
facteurs
astrologiques peut être exposé. Ces facteurs ne
forment
pas un ensemble épars mais s'intègrent dans une
structure
cohérente exprimant l'ordre du monde, lui-même
conforme
aux principes. La compréhension
suppose un travail intérieur et ne peut se faire
qu’en
soi. Nous espérons que
le lecteur s’en apercevra : s’il existe de
multiples
développements, ils
ne sont finalement tirés que de très peu de
choses, de
quelques principes et,
ultimement, d’un Principe. Ce sont ces principes qui
importent :
« Trente rayons convergent
au moyeu
mais c’est le vide médian
qui fait marcher le char.
mais c’est du vide interne
que dépend leur usage.
c’est encore le vide
qui permet l’habitat.
c’est par le Non-Etre qu’on les
utilise » (34).

(1)
Voir : René Guénon, Le
Règne de la Quantité et les Signes
des Temps, éd. Gallimard. Retour au texte.
(2)Voir : G. Audebrand et I. Ravier, La place de l'astrologie dans la réalisation spirituelle. Retour au texte.
(3) Notamment Ptolémée et son Tétrabiblos, amené en occident par la civilisation islamique. Retour au texte.
(4) Morin de Villefranche, par exemple. Retour au texte.
(5) Sur ces notions, voir : René Guénon, Les Etats multiples de l’Etre, Guy Trédaniel éditeur. Retour au texte.
(6) Voir : René Guénon, La Grande Triade, éditions Gallimard. Retour au texte.
(7) Jean Reyor, Etudes et recherches traditionnelles, éd. Traditionnelles, « Astra inclinant non necessitant », pages 288 et 289. Retour au texte.
(8)
Voir : René Guénon, Aperçus
sur l’ésotérisme islamique et
le Taoïsme, éd. Gallimard, chapitre VIII,
Influence de la civilisation
islamique en Occident. Retour
au texte.
(9) Voir : René Guénon, Autorité spirituelle et pouvoir temporel, éd. Véga, chapitre VII, Les usurpations de la royauté et leurs conséquences. Retour au texte.
(10) Voir : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éd. Gallimard, chapitre X, L’illusion des statistiques. Retour au texte.
(11) Chez Grasset. Retour au texte.
(12) Voir : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éd. Gallimard, chapitres I et II notamment. Retour au texte.
(13) Si la pensée se manifeste entre autres par une activité du cerveau, d’ordre corporel, cette dernière n’est pas la source de la pensée : comment un corps pourrait-il engendrer quelque chose qui n’est manifestement pas un corps ? Retour au texte.
(14) René Guénon, Le Symbolisme de la Croix, Guy Trédaniel éditeur, page 12. Retour au texte.
(15) Il est vrai que la Tortue, vu la limitation de ses facultés, ne peut qu’errer et attendre de rencontrer les objets sur son chemin. Retour au texte.
(16) Les dangers de cette pratique sont à signaler : attention portée vers les éléments les plus résiduels, partant dispersion et perte de l’essentiel, risques certains d’auto-suggestion ou de suggestion, déséquilibre psychique (que l’on voit par exemple certaines prédictions délirantes et semant le trouble ; voir : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éd. Gallimard, chapitre XXXVII, La duperie des « prophéties »). Tout ceci coïncide avec le caractère inférieur (substantiel, quantitatif) de la divination. Il est « amusant » de noter que la science moderne, malgré ses préventions contre ce qu’elle estime des superstitions, entre autres l’astrologie, a monté un appareil divinatoire (sensé prévoir l’avenir) fondé sur la quantité : les études statistiques, les sondages. Les résultats de ces études sont illusoires et ravageurs, comme l’état des populations et celui de la planète le montrent à présent clairement. Il est toutefois vrai que les statisticiens s’illusionnent beaucoup moins sur la fiabilité du produit de leurs jeux de numération que ceux qui s’en emparent (politiciens, journalistes, managers, etc.). Voir sur ce sujet : René Guénon, Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, éd. Gallimard, chapitre X, L’illusion des statistiques. Sur la divination, voir : G. Audebrand et I. Ravier, Les dangers de la divination. Retour au texte.
(17) Voir : G. Audebrand et I. Ravier : Déterminisme, fatalité et liberté selon l’astrologie et la tradition. Retour au texte.
(18) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, Astrologie et géocentrisme. Retour au texte.
(19) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, La domification selon Porphyre ; mêmes auteurs, Sens direct et sens converse de lecture des maisons. Retour au texte.
(20) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, Astrologie traditionnelle, Les principes, Le Zodiaque et les planètes. Retour au texte.
(21) Sur ces questions, voir : G. Audebrand et I. Ravier, La place de l’astrologie dans la Réalisation spirituelle. Retour au texte.
(22) Sur les rapports entre taoïsme et confusianisme, correspondant à ceux entre ésotérisme et exotérisme, voir : René Guénon, Aperçus sur l’ésotérisme islamique et le Taoïsme, chapitre X, Taoïsme et Confucianisme. Retour au texte.
(23) La sentence a aussi une interprétation supérieure et désigne la connaissance du Soi, du Tao. Le Soi n’a évidemment aucun rapport avec ce que désignent par le vocable la psychologie moderne. Sur le Soi, voir : René Guénon, L'Homme et son devenir selon le Vêdânta, Editions traditionnelles, chapitre II, Distinction fondamentale du Soi et du « moi ». Retour au texte.
(24) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, La place de l’astrologie dans la Réalisation spirituelle. Retour au texte.
(25) Pour des développements sur cette question, voir : René Guénon, Aperçus sur l’Initiation, Editions traditionnelles. Retour au texte.
(26) Pour une synthèse, voir : René Guénon, La Métaphysique orientale, Editions traditionnelles. Retour au texte.
(27) Cette dénomination nous semble provenir d’une incompréhension du rattachement de l’astrologie à l’ « art royal », c’est-à-dire aux sciences traditionnelles secondaires afférentes à l’initiation royale, laquelle est propre à la caste des « guerriers ». Au-dessus se situe l’initiation sacerdotale correspondant directement à la métaphysique. Voir : René Guénon, Autorité spirituelle et pouvoir temporel, Editions Vega, chapitre II, Fonctions du sacerdoce et de la royauté. Retour au texte.
(28) Voir : René Guénon, Aperçus sur l’Initiation, Editions traditionnelles, notamment le chapitre XXXI, De l’enseignement initiatique. Retour au texte.
(29) La nature d’un être est une, n’est pas intrinsèquement duelle, tandis que l’expression de cette nature peut être multiple et complexe. Sur la nature d’un être, voir : René Guénon, La Grande Triade, éd. Gallimard, chapitre XIII, L’être et le milieu. Retour au texte.
(30) Voir : René Guénon, Aperçus sur l’Initiation, Editions traditionnelles, chapitre XIV, Des qualifications initiatiques. Retour au texte.
(31) La psychologie moderne met en avant l’héritage du passé mais dans un sens complètement différent. Il s’agit de passés individuels dont le sondage récurrent lie la personne à toute une série de traits et d’événements inactuels et le plus étroitement bornés possible. Ceci la fait rétrograder et l’enferme de plus en plus dans son ego. Le passé dans son sens traditionnel fait appel à la notion de lignée remontant de proche en proche jusqu’à son origine, symbole de l’Origine elle-même (le Tao, selon la terminologie chinoise). L’héritage du passé n’y concerne pas de menus faits individuels, mais la doctrine traditionnelle elle-même. Retour au texte.(32) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, Les crises vues par l’astrologie traditionnelle. Retour au texte.
(33) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, La place de l'astrologie dans la Réalisation spirituelle. Retour au texte.(34) Lao-Tseu, Tao-tö king, chapitre XI, traduction Liou Kia-Hway, Folio. Retour au texte.
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