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Le Zodiaque de Vézelay |
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Signe zodiacal de
la Balance

Disposition des
signes du Zodiaque sur le grand tympan
A partir des deux principes du Zodiaque, Lion (yang éminent) et Cancer (yin éminent), se déclinent les différents signes, chaque valeur d’un signe procédant du ou des signes lui étant supérieurs. La branche Lion représente les valeurs « masculines », la branche Cancer les valeurs « féminines ». Les valeurs des deux branches entrent en interaction. Ayant eu l’occasion à plusieurs reprises de décrire cette structuration du Zodiaque, nous n’y revenons pas en détail ici. Le Zodiaque de Vézelay est particulièrement profond dans la mesure où l’ordre de succession et la disposition qu’il présente sont en rapport avec l’ordre intérieur du Zodiaque, l’ordre qui est explicatif (6). Structurés à partir de l’ordre du monde, l’architecture sacrée et le Zodiaque se correspondent, tout étant relié par l’analogie. Un édifice religieux forme une image de l’ordre du monde.
Le tympan de la basilique nous expose ainsi la structure fondamentale présidant à notre existence. Les douze signes ne font que représenter certaines qualités intervenant dans le processus formatif de ce que l’on nomme la Ronde des existences (samsâra) dans laquelle les individus sont plongés, indéfiniment sauf cas de réalisation spirituelle. Les origines de cette errance indéfinie dans ce circulus sont figurées tout en haut du tympan (7), dans les trois médaillons venant séparer les douze signes en deux groupes. Sur ces médaillons figurent : un homme tête en bas au centre, un chien à gauche et une sirène à droite :


La
cigogne entre le signe du Cancer et le médaillon du chien
Comme le relève Louis
Charbonneau-Lassay, la cigogne correspond dans la tradition
chrétienne au
symbolisme de l’ibis dans l’Egypte antique (10).
Cet oiseau, dans l’un de ces
aspects, représente le psychopompe (le
« conducteur des
âmes ») (11).
Ce psychopompe conduit l’être d’un
état à l’autre, le parcours de cet
être se
faisant par une succession de naissances et de morts (12). A cet égard, la
localisation de la cigogne entre le chien et le Cancer est des plus
intéressantes symboliquement. Le Cancer correspond en effet
à ce qui est nommé
traditionnellement « la porte des
hommes » (13), la
« porte »
faisant entrer dans un état de manifestation
donné. Dans le cycle zodiacal, le
Cancer se place comme premier terme, correspondant à la vie
embryologique ou
encore à l’ouverture d’une nouvelle
situation (14).
Nous avons vu dans le paragraphe
précédent que le chien représentait le
retour
à l’erreur.
L’élément du tympan que
nous étudions explicite ainsi le lien entre retour
à
l’ignorance (ou plutôt,
fidélité à celle-ci) et
entrée dans notre
monde. Lao Tseu a dit :
Entrer (dans le Principe), c’est mourir (individuellement) » (15).
L’attachement à l’individualité, aux phénomènes toujours changeants, fait que l’on est maintenu dans la Ronde des existences. Observons que la figuration du Christ placée au centre du tympan, donc hors de la circonférence que nous venons d’envisager, signale que c’est par la centralisation, la concentration que l’on échappe aux vicissitudes du samsâra. L’ignorance fait renaître, la Connaissance libère.
(1) Voir : G. Audebrand
et
I. Ravier, Astrologie
traditionnelle, Principes de l’astrologie, Le Zodiaque
et les planètes, page 103. Le stûpa
bouddhique, la qubbah
islamique correspondent par exemple à cette forme, tout
comme, horizontalement,
l’abside et le transept d’une église. La
position méditative du lotus répond à
un schéma analogue : la voûte
crânienne et les jambes croisées (formant
une base horizontale) retracent les deux termes de la Balance, le Ciel
et la
Terre. Retour au texte.
(2) Voir : G. Audebrand et
I. Ravier, La loi
d’analogie. Ainsi, vu leur situation, les
activités
humaines représentées sont ici
envisagées avant tout qualitativement. Retour
au texte.
(3) Les dérèglements climatiques actuels sont en analogie avec cette perte de rythme. Retour au texte.
(4) Nous ne développerons pas ce point ici. Voir à ce sujet : René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, chapitre LXIV, Le pont et l’arc-en-ciel. Retour au texte.
(5) Voir : G. Audebrand et I., Les deux branches du Zodiaque (première partie) ou, mêmes auteurs, Astrologie traditionnelle, Principes de l’astrologie, Le Zodiaque et les planètes, pages 147 et suivantes. Voir aussi : mêmes auteurs, Une figuration zodiacale sur la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les deux branches se présentent de manière inversées selon la représentation de Vézelay et celle que nous donnons (Cancer à gauche pour l'une et à droite pour l'autre ; Lion à droite pour l'une et à gauche pour l'autre), mais ceci ne change pas la signification que nous exposons. Retour au texte.
(6) Traditionnellement, les explications procèdent de l’intérieur vers l’extérieur et non de l’extérieur vers l’intérieur, comme le fait la mentalité moderne. Retour au texte.
(7) Ce qui est en haut préside. Retour au texte.
(8) Le haut est yang (actif) par rapport au bas, yin (passif). Retour au texte.
(9) Louis Charbonneau-Lassay, Le Bestiaire du Christ, éd. Albin Michel, pages 750 et suivantes et 294. Retour au texte.
(10) Ibid., page 602. Retour au texte.
(11) Ibid., pages 573 et suivantes. Retour au texte.
(12) Naissance à un état et mort à un autre ne sont que deux points de vue sur un même phénomène. Voir : René Guénon, Les États multiples de l’Être, Guy Trédaniel éditeur. Retour au texte.
(13) Voir à ce sujet : René Guénon, Symboles de la Science sacrée, éd. Gallimard, chapitre XXXV, Les portes solsticiales. Retour au texte.
(14) Voir : G. Audebrand et I. Ravier, Les âges planétaires ; ou, mêmes auteurs, Astrologie traditionnelle, Principes de l’astrologie, Le Zodiaque et les planètes, pages 165 et suivantes. Cosmologiquement, le yin vient avant le yang. Retour au texte.
(15) Tao-tö king, chapitre L, traduction Liou Kia-hway, Folio. Retour au texte.
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