par
G. Audebrand et I.
Ravier
merci
à M.H. Bertocchio
pour sa relecture

Le
Zodiaque (du grec
zôon,
signifiant « vie », et
« diakos », signifiant
« roue ») se compose de douze
signes de 30°
chacun. Il se
déroule le long d’une
bande circulaire
ceinturant le système solaire,
s’étendant de 8° de
part et d’autre de l’écliptique
(le plan de rotation de la Terre autour du Soleil). Au cours du cycle
annuel,
le Soleil traverse successivement les douze secteurs. Cependant, une
querelle,
relativement récente, s’est produite à
propos du mode de
détermination des
signes. Elle oppose les tenants d’un Zodiaque tropical
à ceux
défendant un
Zodiaque sidéral. Pour examiner cette question, qui fournit
l’occasion de
présenter un certain nombre de données
traditionnelles,
commençons par définir
ces deux Zodiaques.
I
LE ZODIAQUE
SIDERAL
Le
Zodiaque sidéral est basé sur les constellations
d’étoiles
« fixes »
et est employé en Astrologie hindoue (Jyotish)
par
exemple. Le schéma
suivant le décrit :
Note :
la
bande est le
Zodiaque. Les degrés portés au-dessus du
schéma
correspondent à une division
par 30° de l’écliptique. Les
constellations sur le Zodiaque
sont entourées.
Au
cours de leur parcours annuel, le Soleil, la Lune et les
planètes
traversent les
différentes constellations. Lorsqu’ils transitent
dans un
secteur défini par
une constellation, ils appartiennent au signe de cette constellation.
Il a été
reproché, de manière fort injuste, au Zodiaque
sidéral d’être
« anti-scientifique » dans le
sens où son
découpage en sections de
30° ne cadrerait pas avec la taille réelle des
constellations. Pour prendre un
exemple, la constellation de la Vierge y occupe environ 40°,
tandis
que celle
du Scorpion a une envergure de seulement approximativement 7°.
Il
serait en
conséquence absurde de reconnaître que, par
exemple, le
Soleil transite environ
30 jours dans le signe du Scorpion, soit autant que dans le signe de la
Vierge
dont la constellation est pourtant cinq à six fois plus
large.
Toutefois, cet
argument, d’ordre purement quantitatif, ne
s’accorde guère avec
la Tradition.
Reprenons les fondements du Zodiaque, qu’il soit tropical ou
sidéral. Les
directions de l’espace ont une nature qualitative. Elles
correspondent
à
certaines propriétés. Les signes du Zodiaque ne
font
qu’exprimer la nature de ces
directions. Le Bélier signale par exemple
l’apparition, la mise
en lumière, le
Taureau l’attachement, etc. Les astres n’ont par
eux-mêmes aucune
influence sur
les destinées humaines, dont ils ne font que figurer le
cours
(voir à ce propos
la loi d’analogie). Estimer que la traversée
« stricte » d’un
groupement d’étoiles par une planète
amène cette
dernière à
« s’imprégner »
de
« rayonnements » émis
par ce groupement
est contestable et procède d'arguments pseudo-scientifiques.. Dès lors, pourquoi rechercher des mesures de
dimensions des
constellations pour établir les zones
« d’influence » ?
Le
découpage en douze signes égaux correspond
à
l’application du duodénaire à la
sphère, le douze constituant un nombre symbolique important
relativement à la
manifestation
(1).
Chaque constellation du
Zodiaque n’est là que pour donner une indication
sur les
propriétés du secteur
de 30° où elle se situe, peu important sa taille
réelle. La transposition de
l’argument cité contre le Zodiaque
sidéral aboutirait
à un genre d’affirmation
comme les feux de circulation sur une route n’ont un effet
que sur la
largeur
de leur poteau… Ces feux ne font qu’indiquer une
autorisation ou une
interdiction de passer sur une frontière les
débordant
largement. Il en va de
même des constellations relativement au Zodiaque
sidéral.
A ce sujet, on ne
saurait trop insister sur le fait que c’est le terme de
signe
qui se
trouve employé pour désigner les secteurs
zodiacaux, ce
qui paraît révélateur.
Il
a été également reproché au
Zodiaque
sidéral de ne comporter que douze signes,
alors que treize constellations y figurent apparemment. Une partie de
la
constellation du
Serpentaire (Ophiuchus, le porteur de serpent), située entre
le
Scorpion et le Sagittaire,
est en effet traversée par
l’écliptique.
Antérieurement, il y a deux ou trois
millénaires, l’écliptique ne traversait
pas cette
constellation. L’orientation
de l’écliptique
varie lentement au cours
du temps, ceci expliquant cela. Est-ce à dire que le
Zodiaque
sidéral de douze
signes soit devenu obsolète ? Nous ne le pensons
pas. En
premier lieu,
rappelons que le fondement du Zodiaque demeure la division
duodénaire de
l’écliptique, le nombre douze symbolisant
traditionnellement la réaction du yin à l'activité
du yang, donc la production de la manifestation, domaine concernant
l'Astrologie.
Les
constellations ne servant qu’à désigner
les
propriétés de chacun des douze
secteurs de 30°, peu importe qu’un de ceux-ci soit
occupé
à la fois par le
Scorpion et le Serpentaire. Ceux-ci peuvent bien indiquer conjointement
les valeurs
dévolues au secteur dont ils forment
l’emblème. Un point
important est à préciser
à cet égard. Actuellement, depuis les
années
trente, les constellations du
Serpent et du Serpentaire sont distinguées par les
astronomes.
Le Serpent y est
scindé en trois parties, la tête et la queue
formant deux
constellations tandis
que la partie centrale est rattachée au Serpentaire. Il va
sans
dire que ce genre
de division ne présente pas d'intérêt
relativement à la Tradition, puisqu'émanant de personnes
ne la connaissant pas. Chez les
Grecs, les Hébreux et les Arabes, Serpent et Serpentaire
n’étaient pas divisés,
formant l’une des plus importantes constellations de la
voûte
céleste. Pour
conclure sur la présence double de constellations dans le
secteur du Scorpion,
soulignons les analogies de sens existant entre ces deux
constellations, le
Scorpion étant un signe fortement marqué par le
symbolisme du serpent (du moins un des aspects de celui-ci, le serpent
étant un symbole fort complexe).
Ainsi peut se régler le
problème du Serpentaire, treizième constellation
de l'écliptique et non treizième
signe zodiacal.
Des
problèmes similaires pourraient se poser
s’agissant du
chevauchement des
constellations du Verseau et des Poissons, d’une part, et de
celles du
Capricorne et du Verseau de l’autre. Ces problèmes
s’évanouissent si l’on
raisonne selon les principes que nous venons d’indiquer.
Rappelons
à cet égard
que les moyens intellectuels de la Tradition n’ont absolument
rien
à voir avec
l’approche scientifique contemporaine, ce qui ne leur
enlève
nullement leur
valeur, nonobstant la volonté monopolistique de cette
dernière. L’Astrologie
traditionnelle obéissant strictement aux lois du symbolisme,
elle ne saurait
constituer une science moderne, ce que soulignent avec raison tant les
scientifiques modernes que ceux qui connaissent la Tradition.
Une
autre difficulté concernant le Zodiaque sidéral
réside dans la détermination de
son point de départ. Nous laissons ce point aux
représentants traditionnels
employant ce Zodiaque.
LE
ZODIAQUE
TROPICAL
Le
Zodiaque tropical quant à lui repose sur d’autres
fondements. Il
se bâtit à
partir du cycle annuel avec ses quatre points cardinaux : les
deux
solstices et les deux équinoxes. Au Bélier
correspond
l’équinoxe de printemps.
A partir du 0° Bélier (nommé point
vernal, point
équinoxial de printemps), la
bande zodiacale est découpée en douze secteurs
égaux de 30°. Chaque zone est définie
par un signe dont le nom reprend celui d’une des
constellations du
Zodiaque
sidéral. La même séquence des signes
est
conservée d’un Zodiaque à
l’autre, par
application de la loi d’analogie. Néanmoins, les
Zodiaques
sidéral et tropical
ne coïncident pas. En effet, l’axe des
pôles de la Terre est
animé d’un
mouvement très lent analogue de celui d’une
toupie. Ce
mouvement, dit de
précession, fait que l’axe de rotation de la Terre
n’occupe pas
toujours la
même place par rapport aux étoiles
(2).
Ceci
a pour conséquence un décalage progressif entre
le
Zodiaque tropical et le
Zodiaque sidéral. Le 0° Bélier (point
vernal) du
tropical semble rétrograder
très lentement dans le Zodiaque sidéral.
Actuellement, le
Zodiaque tropical est
en avance d’environ 24 degrés sur le
sidéral. L’
ayanamsa
est le nom
apporté au correctif permettant de passer du tropical au
sidéral et inversement
(à soustraire dans le premier cas, à ajouter dans
le
second). Ces divergences dans
la formation du Zodiaque sont à l’origine des
querelles que nous
mentionnions
en introduction. L’un des deux Zodiaques invalide-t-il
l’autre ?
Puisque
le Zodiaque sidéral ne pose pas de problème
réellement fondamental, nous allons
nous intéresser ici plus longuement au Zodiaque
tropical
aux fins d’en
montrer les intérêts symboliques et la
validité
dans l’interprétation, à
condition de l’utiliser correctement.
Le Zodiaque tropical
peut être considéré comme saisonnier,
avec la
réserve qu’il ne faut pas y voir
un aspect météorologique précis,
lequel
dépend du lieu de situation.
« Saison »
doit être entendu ici comme l’une des quatre phases
divisant le
cycle annuel,
chacune de ces dernières ayant des
propriétés
particulières que nous allons
étudier ici. Les quatre saisons sont ouvertes par les quatre
points cardinaux
de l’année : les deux
équinoxes et les deux
solstices. Les équinoxes sont
les moments où la durée des jours et des nuits
est
égale, les solstices constituant
les points extrêmes où la durée du jour
ou de la
nuit est la plus longue. Au
cours de l’année, la Terre connaît deux
grandes
phases : une d’ascension,
l’autre de descente. Du solstice d’hiver au
solstice
d’été, la durée du jour
croît. Du solstice d’été au
solstice d’hiver, elle
décroît. L’équinoxe de
printemps marque le terme médian de l’ascension,
l’équinoxe d’automne celui de
la descente. Ces considérations sont en
adéquation avec
la figure du cycle,
caractérisant traditionnellement tout processus
temporel :

Figure du cycle
Le
début et la fin du cycle coïncident avec le
solstice
d’hiver, point où la
lumière est au plus bas et où un cycle nouveau
s’amorce.
Le milieu de cycle
correspond au solstice d’été, point
où la
lumière est à son maxima et se
prépare à décroître. Le
milieu de
l’ascension est signalé par
l’équinoxe de
printemps, le milieu de la descente par l’équinoxe
d’automne (3).
Attardons-nous
quelque peu sur ces quatre points. Les deux points
équinoxiaux
se retrouvent
aux deux jonctions entre le plan de l’écliptique
(plan de
gravitation de la
Terre autour du Soleil) et l’équateur
céleste (qui est un
prolongement dans
l’espace de l’équateur terrestre).
Lorsque le Soleil s’aligne
sur un de ces
deux points un équinoxe se produit. Les points solsticiaux
sont
ceux où le Soleil
atteint sa position la plus septentrionale ou méridionale au
cours de l’année.
A ces points, la durée du jour est maximale (au point
solsticial
d’été) ou
minimale (au point solsticial d’hiver). En joignant les deux
points
équinoxiaux
et les deux points solsticiaux, nous formons une croix à
deux
dimensions,
horizontale par rapport au plan équatorial de la Terre. La
croix
a une portée
symbolique fondamentale. La croix à deux dimensions
horizontale
représente le
développement dans un domaine défini des diverses
possibilités de manifestation
(4).
Ceci
est en adéquation avec l’objet cosmologique de
l’Astrologie,
exposant les
principes à l’œuvre dans notre monde.
Si
nous plaçons ces quatre moments cardinaux de
l’année en
correspondance avec les
signes tropicaux qui s’y tiennent
(5),
nous
trouvons :
- Le solstice d'hiver > le Capricorne
- L'équinoxe de printemps > le
Bélier
- Le solstice d'été > le Cancer
- L'équinoxe d'automne > la Balance
Ces quatre
signes sont nommés signes cardinaux, en correspondance avec
les
quatre points
cardinaux (sud, est, nord, ouest). En vertu de la loi
d’analogie,
l’espace et
le temps se situent en correspondance, tout étant
lié par
un Principe unique
(6).
Nous
commençons à voir se profiler ici les rapports
entre les
signes zodiacaux,
directions qualifiées de l’espace, et le temps,
marqué
par le déplacement des
astres dans le Zodiaque. Le terme
« cardinal »
provient du latin
cardo
signifiant gond, pivot. Ceci se situe en adéquation avec le
rôle de
« portes » dévolu au
Capricorne, au
Bélier, au Cancer et à la
Balance. Chacun de ces signes inaugure en effet une nouvelle phase du
processus
cyclique, envisagé sous son aspect quaternaire.
Il est
remarquable de noter que le Capricorne constitue le symbole de
contraction
maximale, qu’il s’agit du signe de la fin. Ceci
correspond
analogiquement au
point le plus bas atteint lors du cycle annuel, signal
également
d’une
remontée. Le Bélier représente quant
à lui
la poussée vitale, la naissance,
l’apparition au jour. Il est le signe de l’aube.
S’agissant du Cancer,
il
symbolise la réceptivité, la
malléabilité,
l’accueil. Le solstice d’été,
période des récoltes, de l’accueil
rituel de la
lumière poussée à son maxima y
correspond. Enfin, la Balance figure le déclin, le
rééquilibrage venant avant
la nuit. Il s’agit du signe du couchant. Ceci correspond aux
valeurs de
l’équinoxe d’automne, dernier point
d’équilibrage avant
la phase ultime de
descente annuelle.
Un
des principaux reproches faits à une telle approche du
Zodiaque
est de se
fonder apparemment uniquement sur
l’hémisphère nord, le
mouvement de l’année
étant inversé dans
l’hémisphère sud :
le moment où la durée du jour est à
son summum dans l’hémisphère nord est
celui où
elle est à son plus bas dans
l’hémisphère sud. La
cohérence du Zodiaque
tropical suppose ainsi que l’on
inverse le Zodiaque dans l’hémisphère
sud. Ainsi,
pendant que le signe du
Bélier est traversé par le Soleil
après
l’équinoxe de printemps dans
l’hémisphère nord, le sud est le
siège du signe de
la Balance. Pour mieux comprendre
ceci, il nous faut examiner le symbolisme de la Terre.
III LE SYMBOLISME DE LA TERRE
La
Terre se présente sous la forme d’une
quasi-sphère
L’équateur terrestre la partage en deux
hémisphères. Tout ce qui se manifeste
étant un symbole des réalités
supérieures,
nous pouvons décrypter la manière
dont se présente à nous la Terre à
l’aide des
principes. Entre hémisphère sud
et hémisphère nord, il existe une inversion,
comme un
reflet dans un miroir par
rapport à sa source. L’inversion des saisons en
constitue un
exemple
.
Ce
symbole du reflet constitue un des fondements de la
compréhension du cosmos, de
l’ordre du monde. Le plan de réflexion se retrouve
dans
l’équateur.
Les
deux hémisphères constituent la polarisation
d’une
unité, celle de la Terre.
Toute polarisation forme un couple indissoluble, dont les deux
côtés sont yang
et yin respectivement, masculin et féminin, essentiel et
substantiel. Le yang
est le lumineux, le yin l’obscur. Ceci peut être
rapporté
dans le cas qui nous
intéresse à la durée du jour. Le yin
et le yang
sont en mouvement permanent. Le
yang croît et le yin décroît. Le yang
décroît et le yin croît. Ainsi, durant
l’année, la croissance du jour dans un
hémisphère
est concomitante de sa
décroissance dans l’autre. Englobés
dans la même
sphère (à rapprocher de la
Terre), yin et yang sont interdépendants et en
rééquilibrage constant l’un par
rapport à l’autre (9).
Ce mouvement du yin-yang
est cyclique, comme l’année. Lorsque le yang a
atteint sa
culmination, il ne
peut que décroître en faveur du yin. Au solstice
d’été, la lumière atteint
son
maxima et commence à diminuer jusqu’à
ce que le yin
trouve sa pleine ampleur. A
ce moment, le mouvement s’inverse et le yin diminue tandis
que le yang
monte.
Figure du Yin - Yang
Les deux hémisphères terrestres
se comportent de manière opposée lors du cycle
annuel.
Ainsi, il apparaît
cohérent que le Zodiaque tropical, fondé sur ce
cycle,
soit inversé dans les
deux hémisphères. Lorsque le solstice
d’été
(signe du Cancer) se produit dans
l’hémisphère nord, le solstice
d’hiver a lieu dans
l’hémisphère sud où le
Soleil entre dans le signe du Capricorne, signe opposé
à
celui du Cancer. Il y
a plus.
Les
signes du Zodiaque s’opposent deux à deux selon
six axes
(Bélier – Balance,
Taureau – Scorpion, Gémeaux –
Sagittaire, Cancer – Capricorne,
Lion – Verseau
et Vierge – Poissons). En tenant compte de la
différence entre
les deux
hémisphères, nous nous rendons compte
qu’à un
moment donné de l’année, chaque
axe, chaque direction de l’espace, se manifeste
complètement en
se polarisant
dans les deux hémisphères. Ainsi, lorsque le
Taureau est
traversé par le Soleil
dans l’hémisphère nord, le Scorpion est
transité
par cet astre dans
l’hémisphère sud. L’axe
Taureau – Scorpion est
manifesté pleinement à ce moment
de l’année si l’on envisage la Terre
globalement. Ceci est
à rapprocher de la
figure du yin-yang, où un principe unique (le cercle) se
polarise en deux faces
opposées (blanc/noir). L’équilibre
global est maintenu
par la différence entre
les deux hémisphères. Notons
qu’à un moment de
l’année, le degré zodiacal
(10)
occupé par le Soleil (ou toute planète) ne change
pas
selon l’hémisphère. Le
degré représentant l’essentiel
d’une position
planétaire, il apparaît logique
que son unité ne soit pas perturbée par la
différence des deux zones, qui
permettent simplement de le manifester de deux manières
complémentaires (le
signe est yin relativement au degré yang). Il nous reste
à préciser le
symbolisme du yin-yang appliqué à la
sphère
terrestre en l’appliquant aux deux
mouvements animant le cycle annuel.
IV
LES DEUX
MOUVEMENTS DE L’ANNEE
Nous
avons
mentionné le fait que l’année se
divisait principalement
en deux phases, l’une
croissante, l’autre décroissante. Dans
l’hémisphère nord, la
lumière augmente
lorsque la marche du Soleil s’effectue vers le pôle
nord,
jusqu’au tropique du
Cancer. Dans l’hémisphère sud, la
lumière augmente
lorsque la marche du Soleil
se réalise vers le pôle sud, jusqu’au
tropique du
Capricorne(11). Le
schéma suivant donne une idée des
phénomènes à
l’œuvre.
Les
quatre points
cardinaux de l’année
(12)
Ainsi, nous
constatons que la durée du jour augmente dans un
hémisphère lorsque le Soleil
semble se diriger vers le pôle de cet
hémisphère,
s’éloignant donc du pôle de
l’autre. Autrement dit, la lumière croît
lorsque le centre
(le Soleil) tend à
réintégrer le pôle. Or, le
Pôle symbolise
l’activité non-agissante du Ciel,
transcendante. Il trouve son agent immédiat dans le Centre,
formé par la
projection selon un axe vertical (l’Axe du monde
(13))
du
Pôle sur le plan fournissant une base pour manifester les
diverses possibilités
que le Centre comprend. Dès lors, la croissance de la
lumière correspondant à
un mouvement vers le pôle, peut être prise comme
symbolisant la réalisation
spirituelle, Connaissance et Lumière se correspondant. Il
s’agit
du mouvement
ascendant de l’année. René
Guénon souligne que,
dans la Tradition hindoue,
« la phase
« ascendante » est mise en
rapport avec le
dêva-yâna,
et la phase « descendante » avec
le
pitri-yâna ».
Le premier
est la « voie des dieux », le
second
« la voie des hommes »
(14).
Le
fait que le Soleil, au cours de sa marche annuelle, ne rejoigne pas
effectivement le pôle signale que la connaissance obtenue
relativement au monde
ne peut constituer une réalisation complète.
V
RAPPORTS DU
ZODIAQUE TROPICAL
ET DU ZODIAQUE SIDERAL
Si les deux Zodiaques, tropical et sidéral, peuvent
être
retenus, une question se
pose. Cette interrogation est fréquemment
soulevée par
les détracteurs de
l’astrologie, notamment venant du milieu scientifique. Vu le
décalage entre les
deux Zodiaques, comment admettre qu’une personne puisse par
exemple
avoir un
Soleil en Taureau en Zodiaque tropical et en même temps un
Soleil
en Bélier en
Zodiaque sidéral ?
L’interprétation n’est-elle pas
faussée,
artificielle ? Pour répondre à cet
argument,
rappelons que les Astrologies
relevant des diverses Traditions comportent des techniques
très
différentes. Il
suffit de comparer les Astrologies hindoue, chinoise et arabe pour
s’en
rendre
compte. Est-ce à dire que la pertinence de l’une
exclut celle
des autres ?
Non. Chaque Tradition possède ses propres modes
d’expression de
la Vérité. Si
le fond est un, les expressions en sont multiples, adaptée
à la diversité des
êtres, des lieux et des époques.
L’Astrologie ne
constituant qu’un des éléments
de certaines Traditions et restant subordonnée à
celles-ci, il est normal de
retrouver cette diversité dans les approches de cette
Science
sacrée. Nous
voyons mal pourquoi il ne serait pas possible de décrire un
même être à partir
de techniques différentes. Même dans le langage
courant,
une même idée peut
être véhiculée par des phrases
différentes
et dans des langues diverses.
Les
scientifiques modernes invoquent le fait qu’il
n’existe pas, par
exemple, une
physique des particules chinoise, une autre française, une
autre
américaine,
etc. pour soutenir l’idée selon laquelle leur
science est la
seule exacte
puisque dotée d’unité, les Sciences
traditionnelles
n’étant qu’un tissu de
contradictions .
Cependant, ces Sciences sacrées
répondent en fait à des points de vue
différents,
tous compatibles et tous
concourant à l’expression de la
Vérité totale.
Leur compatibilité découle de
leur référence aux principes. La science moderne
est
dénuée d’unité,
contrairement à ce qu’elle affirme. Ce qui est
nommé
unité par les arguments
scientistes est en réalité une uniformisation.
L’uniformisation, dont on voit
une des manifestations dans la standardisation, se limite au domaine
quantitatif, au domaine des apparences, où
s’opère un
nivellement par le bas.
Coupée de toute transcendance, la seule à
même de
conférer une unité au monde
manifesté,
« l’unité »
de la
science moderne se réalise autour d’une
« unité » de
méthode, nommée
« méthode
scientifique ». Or,
une méthode n’est qu’un moyen
exploratoire et ne constitue
nullement une
origine de la constitution de la réalité. Les
Sciences
traditionnelles procèdent
au contraire de celle-ci. Elles, ainsi que les diverses Traditions,
tirent leur
fond de principes universels communs. Leur diversité est
à l’image des
vêtements qu’un être
revêt : ce dernier peut en
changer, sans perdre pour
autant son identité. Il y a ici unité au sens
véritable du terme. Nous invitons
le lecteur à se reporter à l’ouvrage de
René
Guénon,
Le Règne de la Quantité et
les Signes des Temps, pour un exposé et approfondissement de
ces
données
(16).
S’agissant de
la critique fondée sur
l’inintelligibilité d’un
positionnement simultané du
Soleil en Taureau en Zodiaque tropical et en Bélier en
Zodiaque
sidéral,
soulignons que ce procédé relève de la
méthode analytique, où l’on
découpe
artificiellement et irréductiblement les
éléments
d’un objet en perdant de vue
le principe commun dont ils procèdent.
L’interprétation
d’un thème ne se limite
aucunement dans l’examen d’une planète
dans un signe, mais
s’effectue par
l’étude des interrelations entre tous les facteurs
présents. Il existe
plusieurs chemins pour gravir une montagne. Par analogie, il existe
plusieurs
voies pour interpréter un état du monde en un
moment et
un lieu donnés. Ainsi, l’important
est la conformité aux principes des techniques et la
cohérence de l’ensemble
dans lequel on entend les ranger
(17).
Ainsi, nous pouvons obtenir des descriptions ne s’excluant
nullement
l’une
l’autre, mais reflétant un point de vue
donné.
Un dernier
point que nous souhaiterions aborder concernant les rapports entre le
Zodiaque
tropical et le Zodiaque sidéral est celui des
prétendues
ères zodiacales.
Chacun s’étant un peu
intéressé à
l’astrologie a dû entendre les termes
« d’ère des
Poissons » et
« d’ère du
Verseau ». Cette
dernière
est décrite comme étant
l’ère du progrès,
d’un mieux, d’un rétablissement de la
situation, ce qui est bien une caractéristique de la
mentalité moderne
lorsqu’elle entend se projeter dans le temps. Cette question
nous
intéresse ici
car la détermination de ces ères se
réalise par
comparaison entre les deux
Zodiaques. Nous avons vu que le point vernal, point de
l’équinoxe de printemps,
se déplaçait lentement le long de
l’écliptique. Ce
point marque le 0° du Bélier
dans le Zodiaque tropical. Selon l’alignement de point avec
les signes
du
Zodiaque sidéral, les différentes ères
seraient
marquées. Ainsi, le point
vernal se situe actuellement dans le signe des Poissons : nous
serions
dans l’ère des Poissons. Prochainement, il
arrivera dans le
signe du Verseau,
signalant l’arrivée de l’ère
du Verseau. Le
problème de cette conception est
qu’elle repose sur un Zodiaque tropical uniforme pour toute
la
planète. Or,
nous avons vu que les signes tropicaux, pour conserver la
cohérence du point de
vue, devaient être inversés entre
l’hémisphère sud et
l’hémisphère nord.
Ainsi,
il paraît difficile de savoir quel point devrait
être
retenu pour déterminer
les passages des différentes ères. De plus,
rappelons que
le cycle est
constitué primordialement d’une phase ascendante,
amorcée
au Capricorne, et
d’une phase descendante, débutant au Cancer. En
conséquence, il paraît
difficile de voir pourquoi le point vernal (signe du Bélier)
se
verrait
accorder un rôle de marqueur des ères, fonction
qui
devrait alors plutôt être
dévolue au Capricorne...
CONCLUSION
Les deux
Zodiaques, sidéral et tropical, nous paraissent valides, se
rapportent à des
ordres de description différents, le premier apparaissant
comme
solaire, le
second comme lunaire
(18).
Comme
un objet peut être envisagé sous des perspectives
différentes, chaque Zodiaque
apporte son éclairage particulier sur un être.
L’Astrologie n’est que relative,
le monde de la manifestation auquel elle
s’intéresse
n’étant pas l’absolu. Ceci
explique la diversité des Astrologies traditionnelles. Les
multiples points de
vue se complètent les uns les autres pour concourir
à
l’expression de la
réalité. L’important est la
cohérence de la
démarche et sa conformité aux
principes. Aussi, plutôt que de
s’épuiser en vaines
querelles, que chacun
approfondisse sa connaissance, plutôt que d’aller
porter le feu
chez le voisin.
Les incendies peuvent revenir chez leurs initiateurs, quels
qu’ils
soient… Le
but de cet article est de concilier les différents points de
vue, l’exclusivisme
nous paraissant une fâcheuse tendance. Vu les conditions
cycliques actuelles,
nous ne nous faisons guère d’illusion sur la
réussite de
ce dessein…
BIBLIOGRAPHIE POUR COMPLETER
CET ARTICLE
René
Guénon, Symboles de la
Science sacrée, éd. Gallimard, coll.
NRF, chapitre
XIII, Le Zodiaque et
les points cardinaux, page 99 et s.
Ibid.
chapitre XXXV,
Les Portes
solsticiales, pages 217 et s.
Ibid.,
chapitre
XXXVI, Le
symbolisme du Zodiaque chez les pythagoriciens, pages 222 et
s.
Ibid.,
chapitre
XXXVII, Le symbolisme
solsticial de Janus, pages 228 et s.
Ibid.,
chapitre
XXXVIII, A
propos des deux saints Jean, pages 232 et s.
Site
internet :
http://users.skynet.be/lotus/accueil.htm
Marie
Delclos, Le
point sur le
Zodiaque : http://fas.ifrance.com/articles/zod_sid/zodap6.htm
.................
(1)
Douze
égale 2 fois 6. Six est le nombre
représentant la réaction de la Terre à
l’activité non-agissante du Ciel sur
elle, réaction produisant la multiplicité de la
manifestation (d’où le signe de
l’opération). Le nombre deux symbolise la
polarisation entre
masculin (yang) et
féminin (yin), à mettre en correspondance en
l’espèce avec les deux branches du
Zodiaque, composées chacune de six signes. Cette combinaison
du
2 et du 6
décrit la formation de la manifestation. Voir à
ce
sujet : René Guénon, La
Grande Triade, éd. Gallimard, coll. NRF,
pages 78 et 79. Retour
au texte.
(2)
Ainsi,
l’étoile polaire actuelle est alpha de la
Petite Ourse, mais, il
y a
encore 5000
ans, l’étoile indiquant le pôle nord
céleste
était Thuban, astre de la
constellation du Dragon. Les changements d’étoile
polaire sont
très importants
traditionnellement, le pôle jouant un rôle de
« législateur », soit
principal, soit subordonné, relativement à une
ère
donnée. Retour au texte.
(3)
La
trajectoire elliptique de la Terre fait
l’hiver plus court que l’été
sous nos latitudes. Entre
Cancer et Balance, il y
a plus de jours qu’entre Capricorne et Bélier. Retour au texte.
(8)
Nous
pouvons en retrouver un autre, bien connu, dans le fait que
l’eau
s’engouffrant dans un siphon le fait dans des sens inverses
l’un de
l’autre
selon qu’elle se situe dans
l’hémisphère nord ou dans
l’hémisphère sud.
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au texte.
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